Nous connaissons tous de « mauvais silences » dans la liturgie : le lecteur qui reste à sa place au moment de la lecture, le célébrant qui peine à trouver la bonne page dans le missel, la chorale qui n’enchaîne pas le Sanctus sur la préface, etc… Ces « mauvais silences » sont tantôt le fruit d’un moment de distraction, tantôt ils sont le fruit d’une impréparation. Faisons tout pour les éviter.
Par contre, une liturgie qui ne ménagerait pas de bon moments de silence raterait une dimension essentielle de toute célébration : l’intériorisation. C’est-à-dire le temps où ce qui est entendu peut faire son chemin en nous, le temps de laisser Dieu nous ajuster à Lui, le temps de laisser monter de nos cœurs un élan vers Lui. Parcourons donc les moments où un silence s’indique dans la célébration.
1) juste avant que ne commence le chant d’entrée de la célébration, un silence qui soit un « sas » par rapport aux échanges de l’accueil et aux communications entre acteurs de la liturgie, s’indique, afin que le cœur se mette en disposition d’ouverture et de communion à Celui qui nous rassemble et au Mystère que l’on va célébrer. (voir fiche 6 – fin du point 1)

2) après l’invitation à la démarche pénitentielle, un court silence est bienvenu pour reprendre conscience de notre condition de pécheurs, avant de dire le « Je confesse » ou les invocations pénitentielles.
3) après le « prions le Seigneur », un court silence s’indique également pour que l’assemblée puisse charger de sa prière l’oraison que le prêtre dira ensuite, et à laquelle l’assemblée acquiescera par le « Amen ».
4) évitons que la liturgie de la Parole ne se déroule dans la « précipitation » : on laissera donc un court silence entre la 1e lecture et le psaume, de telle sorte que la lecture puisse retentir quelque peu dans le cœur d’un chacun. Idem entre le psaume et la 2e lecture.
Même chose aussi entre la 2e lecture

et l’acclamation à l’évangile (Alleluia ou autre).
5) après l’homélie, un beau temps d’intériorisation est souhaitable.
6) sans appesantir les choses, à la prière universelle, on évitera d’enchaîner trop vite les diverses intentions et les reprises de refrain.
7) le moment de la préparation et présentation des offrandes (et de la collecte) est un temps favorable à l’introduction d’une « respiration » dans la célébration. Un morceau musical doux y sera bienvenu plutôt qu’un chant.

8) on veillera à ne pas « précipiter » les rites qui conduisent à la communion : Notre Père – Paix – Agneau de Dieu et fraction – prière silencieuse de préparation – invitation à communier.
On pourrait laisser un petit moment de silence avant de commencer le chant de communion.
9) après le chant de communion, on laissera un beau temps d’intériorisation en silence. Ajouter un chant d’action de grâce à ce moment-là (sauf circonstances particulières) n’est pas nécessairement un « plus », sauf si le communion a été accompagnée d’un morceau musical plutôt que par un chant.
Retenons qu’une célébration doit se dérouler « posément » … Elle doit « respirer » !
Doyen Jean-Liénard pour le Service de la Liturgie
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Que d’excellentes suggestions utiles et concrètes, merci beaucoup !
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