S’unir au Corps du Christ sans aller à la messe : la communion spirituelle

Les règles du confinement imposent bien des contraintes en ce temps d’épidémie. Entre autres, les croyants ne peuvent plus se rassembler pour célébrer leur culte ; les chrétiens sont empêchés d’aller à la messe. Comment vivre cet éloignement ?

Pour beaucoup, l’Eucharistie est un aliment dont ils ont de la peine à se passer. Elle est notre Pain de Vie, elle est le sacrement même de l’union au Christ. Alors que nous sommes nombreux à investir toutes sortes de moyens de communication virtuelle, se pose la question : peut-on « communier à distance » au Christ présent dans l’Eucharistie ?
Les circonstances que nous vivons peuvent nous mettre sur la voie. Car dans une mesure tout à fait inhabituelle, nous souffrons tous de la distanciation des corps qui nous est imposée. Surtout pour les grandes joies et les fortes peines, nous aimerions tellement embrasser, serrer dans nos bras ceux qui nous sont chers. Pour compenser ce manque, nous imaginons bien des stratagèmes pour malgré tout garder nos liens bien vivants, à distance. Et l’imagination est fertile ! Nous comprenons que, si la communication est « virtuelle », nos relations ne sont pas pour autant devenues imaginaires, pures pensées. Au contraire même, il peut arriver que les liens se trouvent renforcés, car notre désir de l’autre est attisé par l’éloignement. Irions-nous pour autant jusqu’à dire que tous ces échanges relativiseraient, voire remplaceraient la rencontre en chair et en os ? Qu’à l’avenir nous nous contenterions d’un téléphone et d’un ordinateur pour recevoir et donner de l’affection ? Jamais de la vie ! En fait la distanciation nous conduit à une double perception : d’une part elle n’empêche pas les liens d’être réellement entretenus, d’autre part elle nous fait éprouver plus fort, en creux, le caractère unique de la rencontre par les corps.
Qu’en est-il donc de l’Eucharistie ? Elle est un sacrement, c’est-à-dire un lieu (un geste, une parole, un signe) où, dans l’Eglise, s’exprime et se réalise éminemment et concrètement – corporellement – notre union avec Dieu. L’eau et l’huile sur notre corps, la main sur notre tête, le oui prononcé par notre bouche, le pain et le vin reçus comme aliments : la rencontre est toujours intime et incarnée. Les sacrements ne sont de loin pas la seule façon de vivre l’union à Dieu, mais ils revêtent un caractère unique et irremplaçable : nulle part ailleurs nous ne touchons davantage du doigt l’action de Dieu, sa présence et sa grâce. De là vient l’insistance sur leur importance dans la vie du chrétien. On peut bien le comprendre : Dieu nous aime et si nous l’aimons aussi, combien sont précieux les gestes qui nous permettent de le rencontrer « corporellement ». Que nous soyons empêchés de vivre ces gestes et ces rites, et nous craignons de voir notre lien au Seigneur s’affadir. Perdrions-nous le contact ? Serions-nous privés de sa présence ? Devrions-nous nous résigner dans certains cas à être privés de la grâce de l’Eucharistie, « sacrement des sacrements » (Catéchisme de l’Église catholique, 1210) ? Dans pareilles circonstances, l’Église nous trace une voie sûre et bien balisée : la « communion spirituelle ».
Je ne puis me rendre à la messe, pour des raisons indépendantes de ma volonté ? Je n’ai pas accès à l’Eucharistie mais je désire la recevoir ? Alors, comme en cas de confinement et d’éloignement de ceux que j’aime, une autre voie s’ouvre à moi pour m’unir réellement au Corps du Christ. Car, rappelle l’Église, « Dieu n’est pas lié lui-même par ses sacrements » (Catéchisme de l’Église catholique, 1257), et les circonstances ne peuvent l’empêcher de venir à moi, ni moi d’aller à Lui. Je communierai au Christ non pas virtuellement, mais spirituellement. Comme le formulait déjà le Concile de Trente, je mangerai « en désir le pain céleste », et je pourrai en ressentir à la fois « le fruit et l’utilité » (Décret sur la très sainte Eucharistie, Ch.8). Mon désir, ma pensée, ma prière pourront, puisqu’il le faut, suppléer l’acte que j’aurais posé en allant à la messe. Ainsi la communion est accomplie.

Y a-t-il un mode d’emploi, des consignes ? Oui et non. Puisqu’il s’agit d’une expérience purement intérieure, elle n’est pas liée par des modalités fixées d’avance et communes à tous. Mais nous restons des êtres situés dans l’espace et le temps, et le spirituel a besoin de lieux et de moments. L’idéal pour vivre l’Eucharistie à distance est de se joindre à une messe diffusée, en direct ou non, à la radio ou la télévision ou sur internet. Il faut aussi veiller à un contexte et une attitude qui favorisent la prière et expriment justement notre désir réel de rencontrer le Seigneur et de l’accueillir. Un lieu dédié à cela dans notre maison, une bougie allumée, la méditation de la Parole de Dieu, quelques intentions de prière, un Notre Père récité posément à voix basse… À chacun de voir, pourvu qu’on y mette quelques moyens. Ces actes concrets expriment et font une place à notre désir de communion à l’Eucharistie. Une prière spécifique peut être réservée pour ce moment ; vous verrez ci-dessous celle que propose le pape François ces jours-ci. De plus, les actes concrets et le recours à quelques signes et prières nous rendent davantage conscients que dans l’Eucharistie nous ne communions pas seulement au Christ mais aussi à son Corps qu’est la grande communauté de l’Église.
Il peut arriver que dans l’expérience de la communion spirituelle nos liens avec le Seigneur se trouvent renforcés, car notre désir de Lui est attisé par l’éloignement. Irions-nous pour autant jusqu’à dire que cette démarche relativiserait, voire remplacerait la rencontre corporelle du Seigneur dans l’Eucharistie célébrée au sein de la communauté rassemblée ? Jamais de la vie ! La communion spirituelle n’est réelle qu’à défaut d’être corporelle, et dans l’attente et le désir de la présence pleinement manifestée dans le sacrement.
Merci Seigneur de traverser tous les murs et toutes les distances pour venir à nous. Mais que finisse bientôt ce confinement pour vivre la joie des pleines retrouvailles !
Eric Mattheeuws

Lire sur le même sujet un article de Fr. Patrick Prétot sur le site de la conférence des évêques de France.
https://liturgie.catholique.fr/accueil/la-messe/la-liturgie-eucharistique/302794-communion-spirituelle-fideles-discernement-acces-communion-sacramentelle/?fbclid=IwAR1cH9D0_F0oo9Apa3JEbOTZxQlHOrV7zYi1LcgLhX3IhrlaIbBfYNXux7E

accès libre sur internet : Magnificat – prions en Eglise et journal Dimanche

Magnificat a décidé de mettre la version francophone de son missel mensuel gratuitement à disposition et ceci sans doute pour la durée du confinement. Une belle initiative qui concerne petits et grands.

 

Dans un mail, le directeur général Romain Lizé annonce: « Conformément à notre mission, nous sommes déterminés à vous aider à approfondir votre vie spirituelle et à vous accompagner, jour après jour, pendant toute la durée de cette épreuve. Aussi avons-nous pris la décision de mettre gratuitement à la disposition de tous. »
Les internautes disposent donc désormais d’un accès gratuit à la version numérique de MAGNIFICAT, disponible sur ordinateur, mais aussi sur tablette et smartphone.
https://francais.magnificat.net/prier

Il nous est maintenant très difficile d’assister à la messe. Pour vous permettre de prier depuis votre domicile, retrouvez gratuitement le contenu de Magnificat en ligne.. Cliquez ici pour lire Magnificat gratuitement sur votre tablette ou smartphone

A destination des enfants: une version numérique de Magnificat Junior, revue destinée aux 7-12 ans, ainsi que des coloriages pour permettre aux plus jeunes de prier en s’amusant.

Notons que Prions en Église propose une formule similaire à découvrir sur leur site.

Enfin, rappelons aussi que notre coupole de médias CathoBel vous permet de bénéficier pendant trois mois d’un abonnement gratuit à son hebdomadaire Dimanche en version PDF. Une offre à découvrir sur www.dimanche.be

Semaine Sainte 2020 – Comment la vivre ?

La Semaine sainte est le coeur de notre foi chrétienne. Cette année, les circonstances sanitaires ne nous permettent pas de la célébrer tous ensemble, comme nous le faisons chaque année. Il nous faut renoncer à ces belles célébrations qui habituellement nous portent vers le Mystère pascal.

Mais que cette pauvreté ne nous prive pas de célébrer la Semaine. Chacun peut la vivre à la maison… seul ou en famille… mais en communion les uns avec les autres… en communion avec les chrétiens du monde entier.

Pour nous aider dans cet extraordinaire défi, vous trouverez ci-dessous une liste de propositions à vivre à la maison.

Belle Semaine sainte à tous…

Voir les propositions sur le site du Vicariat
https://www.bwcatho.be/la-semaine-sainte-2020-en-brabant,3747.html

Le journal Dimanche en PDF gratuitement pendant les 3 prochains mois

En ces temps très particuliers, un Carême inédit pour chacun d’entre nous, CathoBel veut plus que jamais rompre la logique de l’isolement et renforcer grâce à nos médias, les liens entre nous.

Pour ce faire, exceptionnellement, chacun pourra profiter du contenu du journal Dimanche, en version PDF, gratuitement pendant 3 mois. Tous sans exception. Que vous soyez abonnés au Dimanche papier ou non.

Pour recevoir le journal sur votre boite mail, rien de plus simple, il suffit de remplir ce formulaire ci-joint :
Nous vous invitons à diffuser au maximum cette offre, notamment auprès de ceux parmi les personnes de votre entourage qui sont plus isolées. Nous pensons notamment aux malades.

En espérant que vous et vos proches y trouverez une dose de réconfort pour vivre ce temps dans la joie et l’espérance.

L’équipe de CathoBel et Dimanche

 

Les Sacrements – Création

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En cette période où beaucoup d’entre nous sommes confinés, je voudrais tout d’abord vous souhaiter bon courage au nom du Collège des Bernardins. Il n’est pas simple de changer de rythme, d’habitudes et d’occuper son temps avec à propos. Le Collège des Bernardins souhaiterait donc vous proposer de tirer profit intellectuellement, spirituellement et communautairement de cette période.

Ainsi, à partir du lundi 23 mars, une communauté de travail se met en place sur le site de SINOD. À cette occasion, nous remettons deux MOOC gratuits en ligne, et ce de manière intensive. Au lieu de proposer trois vidéos par semaine comme nous le faisons d’ordinaire, nous en partagerons trois par jour et par MOOC, du lundi au vendredi. Les deux enseignants, Monseigneur Matthieu Rougé et le père David Sendrez, ont accepté d’animer le forum de leur cours respectif et nous les en remercions. Nous allons donc pouvoir travailler tous ensemble.

Il se trouve que les douze jours de cours nous mèneront jusqu’à la semaine sainte ; il s’agit donc là d’une bonne manière de nous préparer à Pâques : les thèmes des deux MOOC (sacrements, création) ont été choisis en ce sens.

Bon travail à toutes et à tous ! Et prenez soin de vous.

Père Jean-Philippe Fabre
Directeur des MOOC du Collège des Bernardins

Pour s’inscrire à ces cours gratuits :

Madeleine Delbrêl, l’éblouie de Dieu

3 journées pour découvrir à travers ses écrits son chemin de foi et sa vie « insolite » de femme poète, célibataire, mystique, plein monde.

3 dimanches : 29 mars, 10 mai et 7 juin 2020, de 11h à 17h

 

Itinéraire en trois étapes mais il est possible de ne participer qu’à une seule journée.

29 mars : Sa conversion, un éblouissement !
« Tu vivais et je n’en savais rien, tu avais fait mon cœur à ta taille… mais parce que tu n’étais pas là, le monde entier me paraissait petit et bête… Quand j’ai su que tu vivais, je t’ai remercié de m’avoir fait vivre, je t’ai remercié pour la vie du monde entier !  »

10 mai : Sa vie consacrée dans le célibat, une voie insolite
« Il suffirait de croire que Dieu est pour que lui donner notre vie, ne soit pas pécher par excès mais par insuffisance » « Il y a ceux qui ont rencontré le Christ… Ils ont compris qu’Il était leur seul lieu… Ils suivent l’Agneau partout où il va… Ils sont comme possédés par une passion de similitude…  »

7 juin : Etre « missionnaire »
« Qui reçoit le poids de Dieu dans son cœur, y reçoit le poids du monde  »
« Une fois que nous avons connu sa Parole, nous n’avons pas le droit de ne pas la recevoir ; une fois que nous l’avons reçue, nous n’avons pas le droit de ne pas la laisser s’incarner en nous, une fois qu’elle s’est incarnée en nous… nous appartenons dès lors à ceux qui l’attendent.  »

Pour plus d’information, cliquez : Forum SOLO Contenu Site

Soif de la Parole de Dieu ! Échos du Dimanche de la Parole

Après lecture de la toute récente lettre pastorale de Monseigneur Hudsyn Défrichons des champs nouveaux, il n’y a plus de doute possible quant à l’importance de la Parole de Dieu dans la vie des paroisses, dans la vie des chrétiens. D’emblée, notre évêque y rappelle combien, au cours de la première rencontre du parcours Tous disciples en mission, « la démarche d’écoute de la Parole de Dieu en a marqué plus d’un » (p.2).

Par ailleurs, il demande à chaque Unité pastorale d’initier « au moins un espace mensuel de lecture priante de l’Évangile » (p.10), et recommande tout particulièrement la Lectio divina.

La Parole vraiment écoutée et accueillie ne peut que marquer notre vécu, nous inviter à la conversion ; elle inspire des démarches concrètes. C’est elle aussi qui nous invite à des changements pour l’avenir de notre « maison commune ». Elle contribue à nous donner « souffle et espérance » si précieux aujourd’hui (p.20 et 21).

Habitées de ces mêmes convictions, beaucoup de paroisses ont répondu à l’appel du pape François, dans son message intitulé Aperuit illis, et ont tenu à vivre au mieux le « Dimanche de la Parole de Dieu », le 26 janvier 2020.

Pour s’y préparer, une trentaine de personnes ont participé à une réunion organisée par le service « Formation/Vie spirituelle » (2 décembre). Elles ont pu « goûter » à la Lectio divina et s’enrichir mutuellement en partageant des idées afin de déployer dignement l’accueil de la Parole de Dieu au cours de la messe de ce dimanche.

Voici quelques échos de ce qui a été mis en place ce 26 janvier.

En certains lieux, la Bible est portée solennellement lors de la procession d’entrée. Des paroissiens impliqués dans un service d’écoute de la Parole (Lire la Bible et Lectio divina) et de sa proclamation (lecteurs) font partie de la procession, portant chacun une Bible qu’il déposent au pied de l’ambon. Celui-ci a été mis en valeur par une décoration soignée. Les lectures sont particulièrement bien proclamées et cela marque des paroissiens.

L’évangéliaire est porté avec respect de l’autel à l’ambon. Le prêtre l’encense et explique la signification profonde de ce geste ainsi que celui d’embrasser le livre avant de le déposer, ouvert, sur un lutrin bien visible de l’assemblée. Certains prêtres ont cantillé l’Évangile.

Plusieurs paroisses ont organisé un temps de partage en petits groupes ; des questions bien posées aidant à entrer dans la compréhension et l’écoute réelle du texte. Une paroisse a choisi de remettre les questions le dimanche précédent donnant ainsi du temps à la rencontre personnelle avec l’Évangile. Et le 26 janvier, les paroissiens en ont alors partagé les fruits.

D’autres approches ont été initiées. Ainsi, après la proclamation de l’Évangile, une personne, se mettant dans la peau de l’apôtre Jean, évoque les raisons pour lesquelles il s’est senti poussé à tout quitter pour suivre Jésus.

Un stand « bibliothèque paroissial », propose des Bibles à la vente ; dix-sept ont été achetées !

Une autre paroisse a organisé une récolte de Bibles qui seront mises à disposition de tous dans le fond de l’église.

Un temps de Lectio divina a été proposé le dimanche après-midi et, surprise, quinze personnes y participent et repartent avec deux mots : « merci » et « encore ».

Les réactions à ce « Dimanche de la Parole de Dieu » sont révélatrices d’une grande soif :
– Tous les paroissiens présents ont participé au partage, même ceux qui d’habitude restent isolés, dans le fond de l’église.
– « À refaire ! » disent certains.
– Les questions ont aidé les échanges. Il en résulte une grande joie ; celle de mieux découvrir l’Évangile et aussi celle de tisser des liens plus profonds avec d’autres paroissiens.

Voici un simple partage de ce qui nous est revenu, sans compter ce qui n’a pas atteint nos oreilles, et qui nous invite tous à poursuivre, améliorer, approfondir… en nous stimulant mutuellement.

Marie-Thérèse BLANPAIN – Equipe « PRIER LA PAROLE …. pour en vivre »