Lectio divina – 1ier dimanche de Carême (B) – 21 février 2021

« Pendant ce temps du Carême, recevoir et vivre la Vérité manifestée dans le Christ c’est avant tout se laisser toucher par la Parole de Dieu qui nous est transmise, de générations en générations, par l’Eglise. (…) Cette Vérité c’est le Christ lui-même, qui, en assumant pleinement notre humanité, s’est fait Voie – exigeante, mais ouverte à tous – conduisant à la plénitude de la Vie. » (Message du pape François – Carême 2021)

« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité. Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien. Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée Lectio divina.

La première lecture de ce dimanche (Gn 9,8-15) nous situe d’emblée dans l’histoire d’une alliance : celle que Dieu a établie après le déluge avec tous les êtres vivants. Loin d’être statique, elle nous invite sur un chemin que Dieu, dans son amour, « enseigne aux humbles » (Ps 24,9). Le signe de l’alliance est l’arc-en-ciel. Le regarder, c’est pressentir que, malgré la pluie toujours présente, la lumière se lève et prend le dessus.

En ce début de carême nous sommes ‘poussés’, avec Jésus, dans le désert. N’ayons pas peur d’y marcher ; allons-y même avec une joie profonde. C’est dans le désert que Dieu renouvelle son alliance, qu’il nous emmène pour parler à notre cœur. C’est encore là que Jésus a combattu et combat pour nous et avec nous. Aujourd’hui, avec Pierre, nous pouvons reconnaître que la victoire finale a été remportée et que nous sommes « sauvés par la résurrection de Jésus-Christ » (1 P 3,21).

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Nous pouvons écouter le psaume 24 pour nous mettre en prière

Prier l’évangile de Marc (1,12-15)

1er temps – Invocation à l’Esprit Saint

Invoquer l’Esprit Saint et prendre un bref moment de silence

Notre Dieu, Père de la Lumière,
Tu as envoyé dans le monde ton fils, Parole faite chair,
Pour te manifester à nous les hommes.
Envoie maintenant sur moi ton Esprit Saint,
Afin que je puisse rencontrer Jésus-Christ
Dans cette Parole qui vient de toi :
Afin que je la connaisse plus profondément
Et que, en la connaissant,
Je l’aime plus intensément pour parvenir
Ainsi à la béatitude du Royaume.

  • Ou avec des mots personnels…

2ème temps – Lectio

  • Lire le texte en silence. Il est court ; on peut prendre le temps de le retranscrire.

 Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 1,12-15)

En ce temps-là, Jésus venait d’être baptisé.
12
 Aussitôt, l’Esprit le pousse au désert

13 et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.

14 Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;

15 il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »


Pour répondre à des questions de compréhension, je peux m’aider des repères suivants.

Nous rejoignons Jésus juste après qu’il a été baptisé par Jean dans le Jourdain. Ce fut un moment de grâce où son identité profonde et sa vocation ont été révélées : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie » dit une voix venant des cieux (Mc 1,11).

« Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert » (v.12).

  • Aussitôt’ : cet adverbe (utilisé près de quarante fois dans l’évangile de Marc) exprime une certaine urgence et, tout autant, la détermination de Jésus à accomplir sa mission.
  • C’est l’Esprit qui le pousse. Jésus n’agit pas par sa seule volonté. Sa mission est l’expression de l’amour trinitaire : elle est reçue du Père et vécue dans l’Esprit.
  • Jésus ne s’élance pas tout de suite sur les routes, allant de village en village : l’Esprit le pousse d’abord au ‘désert’. Le combat qu’il va y mener est le cœur de sa mission qui, plus tard, s’exprimera par son enseignement, les guérisons et les expulsions des démons.

Et Marc insiste : « et, dans le désert, il resta quarante jours » (v.13).

  • Le ‘désert’ est un lieu de dépouillement qui favorise un retour aux choses essentielles, une descente dans le secret de son cœur. Endroit inhospitalier, il peut s’y vivre des combats. Dans la Bible, c’est aussi le lieu d’une rencontre ou d’un cheminement avec Dieu. C’est au désert que Dieu conduit les Hébreux libérés de l’esclavage ; c’est là que Dieu conclut son Alliance avec eux et qu’ils reçoivent leur vocation de « peuple de Dieu ».
  • Alors qu’il y avait comme une urgence – ‘aussitôt ‘ – Marc (comme Matthieu et Luc) fait ‘rester’ Jésus dans le désert durant ‘quarante jours’. Urgence mais pas précipitation… Le nombre quarante est souvent associé au désert : l’exode d’Égypte vers Canaan dure quarante ans. C’est le temps nécessaire pour une nouvelle ‘naissance’ : la génération qui entre en Terre promise n’est plus celle qui a fui l’Égypte. C’est le temps pour que Dieu nous façonne, nous instruise. Moïse « resta quarante jours et quarante nuits » (Ex 24,18) au sommet du Sinaï avant de recevoir « la Loi et les commandements» (Ex 24,12).

Durant ces quarante jours, Jésus est « tenté par Satan » (v.13). Marc ne nous dit pas en quoi consiste cette (ou ces) tentation(s). La suite de l’évangile nous laissera entrevoir les combats intérieurs de Jésus :

  • Quand, par exemple, il fuit tout ce qui pourrait être gloriole humaine : « Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée. » (1,28). Alors, il décide « Allons ailleurs dans les villages voisins… » (1,38).
  • Quand on sent sa volonté de garder le cap, de rester fidèle avant tout à sa mission : « afin de proclamer l’Évangile » (1,38).
  • Ou encore, quand il revient sans cesse à la ‘source’ en se retirant dans un « endroit désert pour prier» (1,35).

Jésus « vivait parmi les bêtes sauvages » (v.13). L’allusion à ces animaux pourrait souligner l’aspect pénible de la vie dans le désert. Mais ici, on ressent plutôt comme une coexistence pacifique qui nous renvoie à l’harmonie perdue du ‘commencement’, au jardin d’Eden. Mais un jour, elle nous sera rendue, prophétisait Isaïe : « Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau… » (11,6). C’est une façon pour Marc d’annoncer ce que Jésus va proclamer deux versets plus loin.

« Les anges le servaient. » Ces quelques mots nous disent que Jésus est soutenu dans son combat. Dieu aide celui qui se fie en lui et il « donne ordre à ses anges de le garder » ; plus, « il lui fera voir son salut » (Ps 90 ;11.16). Marc nous fait pressentir que Jésus sortira vainqueur de l’épreuve.

Plutôt que d’écrire « après ces quarante jours », Marc situe le départ de Jésus pour la Galilée à la suite de l’arrestation de Jean (Baptiste). L’ombre de la Passion plane déjà.

Jésus « proclame l’Évangile de Dieu » (v.14). Marc synthétise cette proclamation en deux phrases :

  • La première est une Bonne Nouvelle (ou ‘evangelion’ en grec) : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche» (v.15). Ce que saint Paul dit en d’autres termes : « Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut » (2 Co 6,2).
  • La deuxième est réponse à la Bonne Nouvelle. C’est une même réalité qui comprend deux facettes s’éclairant et se complétant. « Se convertir », c’est se ‘re-tourner’ et se laisser attirer par le règne de Dieu tout proche. « Croire à l’Évangile » n’est-ce pas oser marcher à la suite de Jésus, qui nous conduit au Père ?

Relire à nouveau le texte en silence : je repère les mots, les personnages, les mouvements, le lieu… Je me représente la scène… Je relève ce qui me parait important dans le texte.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

3ème temps – Meditatio

Relire lentement le texte : je regarde Jésus. Il me parle à travers cette Parole. Qu’est-ce que cet Évangile me révèle de lui ? Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé(e) ? Touché(e) ? Interpelé(e) ?

Convaincu(e) que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en ayant une lecture christocentrique et en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

4ème temps – Oratio/Contemplatio

Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte biblique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession…

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Le laisser s’ajuster à la disposition intérieure du Christ.

5ème temps – Actio

Il y a bien un 5ème temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie.

Lecture infiniment personnelle, la Lectio divina est aussi une lecture en Église.

Il est bon de terminer en priant le Notre Père qui nous replace au cœur de l’Église.

Service de la Vie spirituelle
Vicariat du Brabant wallon

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