Lectio divina – Baptême du Seigneur(B) – 10 janvier 2021

La couleur liturgique de ce dimanche est toujours le blanc. Avec la fête d’aujourd’hui, nous clôturons le Temps de Noël. L’évangile de ce jour nous fait quitter l’enfance de Jésus et nous conduit trente ans plus tard (selon Lc 3,23). Avant de reprendre la route du Temps ordinaire, nous terminons une trilogie de la manifestation de Jésus aux hommes. Il fut d’abord révélé aux humbles bergers dans la nuit de Noël, puis à des ‘étrangers’, les mages. En cette fête du Baptême du Seigneur, Dieu révèle qui est Jésus au moment où il se fait proche de tous ceux qui avaient choisi une démarche de conversion, sans doute dans l’attente du Seigneur « riche en pardon » (Is 55,7).

À travers toutes ces personnes, Jésus se manifeste aussi à nous. Elles nous invitent à aller vers Lui avec un cœur de pauvre, prêts à l’inattendu de Dieu et, surtout, comptant sur le pardon qu’il ne cesse de nous offrir.

« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité. Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien.

Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée Lectio divina.

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Nous pouvons entrer dans la prière en écoutant un extrait du Cantique d’Isaïe, qui fait partie des lectures du jour.

Prier l’évangile du Baptême du Seigneur B

Marc 1,7-11

  • Introduction

Une fois de plus, les textes de ce jour nous aident à entendre battre le cœur de Dieu. Ils nous parlent à la fois de son ‘penchant’ irrésistible – il ne peut se passer des hommes – et ils nous redisent aussi sa nature profonde : Dieu est Père, Fils et Esprit.

  • Si haut soit le ciel par rapport à la terre, si élevées les pensées de Dieu au-dessus des nôtres, Dieu ne peut s’empêcher de ‘descendre’ vers nous, telles la pluie et la neige qui descendent des cieux. Il en est ainsi pour sa ‘Parole’ qui ne reviendra pas sans avoir accompli sa mission (Is 55,10-11). De même, Jésus descend dans les eaux du Jourdain où les personnes baptisées par Jean ont accepté d’être plongés dans l’eau pour être libérés de la boue du passé, qui pèse sur la vie et qui la défigure (Benoît XVI, Jésus de Nazareth, tome 1, p. 36).

Dieu ne peut non plus se résoudre à voir les hommes marcher loin de lui : il les exhorte à le chercher, à l’invoquer (Is 55,6) car… sa joie est de se laisser trouver.

Ce double mouvement de descente et montée est très présent dans les textes de ce dimanche.

  • Le récit du Baptême de Jésus est trinitaire : Dieu, Père, reconnaît en Jésus le Fils. L’Esprit descend du ciel sur Jésus qui, selon le plan du Père, retournera vers Lui en nous entrainant à sa suite. La vie trinitaire est venue parmi nous et nous invite à y entrer.

C’est aussi l’Esprit qui nous donnera de croire que Jésus est le Fils de Dieu, ce qui nous rendra – par Lui, avec Lui et en Lui – « victorieux du monde » (1 Jn 5,5).

  • Comprendre la Parole (Marc 1,7-11) – Quelques repères

Nous voici au début de l’évangile selon saint Marc dont les tout premiers versets, 1 à 8, ont été lus le 2ème dimanche de l’Avent (année B). Le texte de ce jour est court : il reprend les versets 7 et 8 puis poursuit avec le récit, très bref, du baptême de Jésus. Cinq versets, ce n’est pas long. Nous vous invitons à les retranscrire, découvrant progressivement chacun des mots comme s’il s’agissait d’une toute première ‘écoute‘ du texte.

Il nous présente d’abord Jean le Baptiste.

  • Il « proclamait » (v.7), il annonçait haut et clair quelqu’un « venant derrière lui ». Jean le Baptiste est « le messager envoyé en avant du Seigneur » (1,2). Il se fait humble, plus petit qu’un esclave, devant celui qui « est plus fort que lui » (v.7). « Il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël », chantait Isaïe dans le cantique de ce jour (Is 12,6).
  • Jean baptisait avec de l’eau. Ce baptême était plus qu’un des nombreux rites de purification de la religion juive. Il exprimait ici une réelle attitude intérieure : plongés dans les eaux du Jourdain, « tous reconnaissaient publiquement leurs péchés », (1,5) en signe de conversion. C’était comme s’ils « cherchaient le Seigneur, riche en pardon ; le méchant abandonnant son chemin et le perfide ses pensées » (Is 55,6 et 7).
  • ‘Baptiser’ signifie en grec ‘plonger’, ‘immerger’. Jean plongeait les personnes dans l’eau, Jésus le fera dans la vie de l’Esprit Saint : « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance » a dit Jésus (Jn 10,10).
  • « Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée. » Cette courte phrase nous renseigne que Jésus n’est vraiment pas originaire d’un haut-lieu de la foi juive mais plutôt d’un petit village niché sur une colline d’une Galilée « carrefour des nations » (Mt 4,15), loin de la Judée orthodoxe.
  • Jésus est baptisé dans le Jourdain. Ce fleuve prend sa source dans le massif de l’Hermon, au sud du Liban, et il se jette dans la mer Morte, le point le plus bas sur terre (moins 420 mètres d’altitude). L’endroit où Jean baptisait est à quelque moins 300 m. On ne peut descendre plus bas.
  • « En remontant de l’eau, Jésus vit les cieux se déchirer » (v.10).

« Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais… » s’écriait Isaïe (Is 63,19) espérant de tout son cœur que Dieu se manifeste, agisse pour son peuple. Et quand Jésus meurt sur la croix, que l’amour de Dieu est pleinement révélé et que l’Alliance nouvelle et éternelle est scellée, le « rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas » (Mc 15,38).

  • Jésus « vit l’Esprit descendre sur lui comme une colombe ». Isaïe avait annoncé que l’Esprit Saint « reposerait sur lui (le Messie), esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur » (Is 11,2). L’Esprit descend ‘comme’ une colombe. Marc fait une comparaison. Le vol de la colombe peut évoquer « le souffle de Dieu qui planait au-dessus des eaux » au commencement de la création (Gn 1,2).
  • « Il y eut une voix venant des cieux » et c’est Dieu qui parle. « Moi, je serai pour lui un père ;
    et lui sera pour moi un fils » prophétisait Nathan quand il annonçait à David que Dieu lui susciterait un successeur dont le règne n’aura pas de fin, le Messie (2 S 7,12.14). Au jour du Baptême de Jésus, Dieu dit : « Tu es mon Fils »… « bien-aimé » !

Et pourquoi Dieu « trouve-t-il sa joie en lui » (v.11) ? Est-elle aussi nôtre ? Quelle pourrait être la bonne nouvelle contenue dans ces cinq petits versets de Marc ? Quelle ’nourriture’ nous donnent-ils avant que nous avancions dans le ‘temps ordinaire’ en cette période si peu ordinaire ?

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 1,7-11)

07 En ce temps-là, Jean le Baptiste proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.

08 Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

09 En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.

10 Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe.

11 Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Écouter la Parole de Dieu et la prier

En vivant un temps de Lectio divina
(d’après la grille proposée par « PRIER LA PAROLE … pour en vivre »)

1er temps – Invoquer l’Esprit Saint au cours d’un bref moment de silence.

Notre Dieu, Père de la Lumière,
Tu as envoyé dans le monde ton fils, Parole faite chair,
Pour te manifester à nous les hommes.
Envoie maintenant sur moi ton Esprit Saint,
Afin que je puisse rencontrer Jésus-Christ
Dans cette Parole qui vient de toi :
Afin que je la connaisse plus profondément
Et que, en la connaissant,
Je l’aime plus intensément pour parvenir
Ainsi à la béatitude du Royaume.

Ou avec des mots personnels…

2ème temps – Lectio

  • Lire le texte en silence : je repère les mots, les personnages, les mouvements, le lieu… Je me représente la scène… Je relève ce qui me paraît important dans le texte.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

3ème temps – Meditatio

  • Relire lentement le texte : je regarde Jésus. Il me parle à travers cette Parole. Qu’est-ce que le texte me révèle-t-il de lui ? Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé(e) ? Touché(e) ? Interpelé(e) ?

Convaincu(e) que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en ayant une lecture christocentrique et en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

4ème temps – Oratio/Contemplatio

  • Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte biblique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession… Avec tout ce que je suis et vis ce jour.

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Le laisser s’ajuster à la disposition intérieure du Christ.

5ème temps – Actio

Il y a bien un 5ème temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie.

Lecture infiniment personnelle, la Lectio divina est aussi une lecture en Église. Il est bon de terminer en priant le Notre Père qui nous replace au cœur de l’Église.

Une proposition du service de la Vie spirituelle

 

Photo : prise sur le lieu du baptême © V. Blanpain – tous droits réservés

En complément à cette Lectio, nous vous invitons à découvrir l’homélie de Mgr Hudsyn pour ce même jour. Elle sera publiée ce samedi 9 janvier à 12h sur le site www.bwcatho.be

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