Lectio divina – dimanche de la Saine Famille(B) – 27 décembre 2020

Mais il y a aussi Syméon et Anne et, avec eux, les « pauvres de Dieu », appelés anawims en hébreu.

Accompagnant Marie, Joseph et Jésus au Temple de Jérusalem, d’une certaine façon, nous rejoignons ainsi tout le peuple d’Israël. Enfin, l’évocation d’Abraham nous met en présence de « sa descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel » (Gn 15,5). En quelque sorte, nous nous retrouvons comme au cœur de toutes les « familles de la terre qui seront bénies en Abram » (Gn 12,3).

Syméon, ne voit-il pas aussi en Jésus la « lumière qui se révèle aux nations » (Lc 2,32) ?

Oui, décidément, la Sainte Famille n’est belle et lumineuse qu’insérée dans un tissu humain. Il semble que nous ne pouvons la contempler qu’en communion avec tous les croyants, qu’en lien avec tous les hommes.

« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité. Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien.

Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée Lectio divina.

Nous pouvons écouter le refrain de Taizé, Nunc dimittis, pour entrer dans la prière.

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Prier l’évangile de la fête de la Sainte Famille B

Luc 2,22-40

  • Introduction

Marie, Joseph et Jésus forment une famille sainte non pas, d’abord, en raison de leurs vertus mais parce que Dieu, qui seul est Saint, est là parmi eux. Si elle est sainte, elle n’est pas pour autant inaccessible. Humblement, elle s’offre d’ailleurs comme modèle pour chacun de nous. Ici encore les lectures de ce jour nous éclairent. Nous y trouvons des attitudes vécues en plénitude par Marie et Joseph et qui, si elles deviennent nôtres, nous confèrent comme un ‘air de famille’.

Il y a d’abord la foi inconditionnelle en Dieu ; celle qui habite Abraham et lui fait accepter de marcher « sans savoir où il va » (He 11,8). Les ‘oui’ de Marie et de Joseph les engagent sur pareil chemin. La foi de Sara permet à Dieu d’agir et elle enfanta Isaac. Marie fit de même : elle aussi a cru qu’« à Dieu rien n’est impossible » (Lc 1,37) et elle enfanta Jésus. Confiant en la promesse de Dieu, Abraham ose envisager le sacrifice d’Isaac. C’est là une « préfiguration » écrit saint Paul (He 11,19). Selon la prophétie de Syméon faite à Marie, elle aussi aura à accepter le ‘sacrifice’ de son fils. Comme pour Abraham, au fond de son cœur, il y a la certitude – peut-être encore voilée – que « Dieu est capable de ressusciter les morts » (He 11,19).

Le psaume 104, par un chant de louange, nous entraîne dans la relecture de notre ’histoire sainte’ avec le Seigneur : « Souvenez-vous des merveilles qu’il a faites » (v.5). Cet appel jalonne l’ancien Testament et a imprégné le cœur de Joseph et celui de Marie d’où jaillit le Magnificat. Le psaume annonce la joie pour tout « cœur qui cherche Dieu » (Ps 104,3), qui l’attend. Marie et Joseph étaient sans doute de ces ‘pauvres de Dieu’ qui désiraient ardemment sa venue.

Dans les trois lectures de ce jour, toutes les personnes mentionnées portent un nom. Dans la Bible, le nom a toujours une signification qui évoque une vocation reçue de Dieu, une contribution personnelle à l’édification de la ‘maison familiale’. Ainsi, ‘Abraham’ est le ‘père d’une multitude’, ‘Syméon’ est ‘celui qui écoute’ (et met en pratique)…

L’évangile contient encore d’autres ‘traits de famille’. Laissons-nous toucher par l’un ou l’autre, découvrant toujours plus notre propre nom. Il nous fera vivre pleinement à l’image de la Sainte Famille et, à notre manière, nous fera « annoncer parmi les peuples les hauts faits du Seigneur » (Ps 104,1). Il nous inspirera pour ‘vivre en famille’.

  • Comprendre la Parole (Luc 2,22-40) – Quelques repères

Après la visite des bergers à la crèche et la circoncision de Jésus au huitième jour, Luc nous amène dans le Temple de Jérusalem, au « temps accompli pour la purification » suivant la loi de Moïse. Le chapitre 12 du Lévitique indique que le temps nécessaire pour la purification d’une femme ayant accouché est de quarante jours. Il précise aussi l’offrande à apporter : un agneau. Mais si « la femme ne trouve pas une somme suffisante pour la tête d’un petit bétail, elle prendra deux tourterelles » (v.8).

Par ailleurs, tout premier-né sera consacré au Seigneur selon ce qui est écrit dans le livre de l’Exode : « Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : ‘Consacre-moi tous les premiers-nés parmi les fils d’Israël, car les premiers-nés des hommes et les premiers-nés du bétail m’appartiennent.’ » (Ex 13,1-2). Ces précisions nous indiquent que Marie et Joseph respectent humblement les observances religieuses du peuple d’Israël. Au passage, nous apprenons aussi qu’ils sont pauvres.

Luc met en scène Syméon, un homme ‘juste’ (v.25), fidèle à l’Alliance. Il attendait le Salut, la ‘Consolation’ annoncée par Isaïe (40,1). Il savait qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le ‘Christ’, le ‘Messie’. Ces deux termes veulent dire la même chose – l’oint de Dieu –, l’un en grec et l’autre en hébreu. C’est là un signe de la composition des communautés auxquelles Luc s’adressait mais aussi l’annonce que le Salut est offert aux païens comme aux Juifs. « Lumière qui se révèle aux nations », dit Syméon (v.32).

 « Recevant (de Marie) l’enfant dans ses bras » (v.26), Syméon ne peut contenir une prière de louange. Il voit en Jésus le Salut qui « donne gloire à Israël ». Cette expression renvoie à une prophétie d’Isaïe : « Je mettrai le salut en Sion, et en Israël ma splendeur » (Is 46,13). Autrement dit, par Israël et en lui, Dieu révèlera toute sa splendeur, toute la beauté de son plan d’amour pour les hommes.  Aujourd’hui, cela s’accomplit.

« À cette heure même » (v.38) survient aussi Anne dont le nom signifie en hébreu ’la gracieuse’ et ‘celle qui supplie’. Luc nous dit qu’elle est prophète ; toute donnée au Seigneur, sa parole est écho de celle de Dieu. Elle est fille de « Phanouel », c’est-à-dire de « Face-de-Dieu ». Quant au nombre d’années de mariage, 7, il nous en dit à la fois la plénitude et la brièveté. Son âge (84 ans = 7 x 12) indique une fécondité (7) destinée aux 12 tribus d’Israël mais aussi à toutes les nations puisque 12 évoque également l’universalisme.

À la suite de Syméon, tout habité de l’Esprit saint, et d’Anne, priant sans cesse et annonçant les merveilles de Dieu, allons à la rencontre de Joseph, Marie et Jésus. Recevons aussi l’enfant dans nos bras… et laissons monter notre prière.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 2,22-40)

22 Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,

23 selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.

24 Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

25 Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.

26 Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.

27 Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,

28 Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :

29 « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.

30 Car mes yeux ont vu le salut

31 que tu préparais à la face des peuples :

32 lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

33 Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.

34 Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction

35 – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

36 Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage,

37 demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.

38 Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

39 Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.

40 L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Écouter la Parole de Dieu et la prier

En vivant un temps de Lectio divina
(d’après la grille proposée par « PRIER LA PAROLE … pour en vivre »)

1er temps – Invoquer l’Esprit Saint au cours d’un bref moment de silence.

Notre Dieu, Père de la Lumière,
Tu as envoyé dans le monde ton fils, Parole faite chair,
Pour te manifester à nous les hommes.
Envoie maintenant sur moi ton Esprit Saint,
Afin que je puisse rencontrer Jésus-Christ
Dans cette Parole qui vient de toi :
Afin que je la connaisse plus profondément
Et que, en la connaissant,
Je l’aime plus intensément pour parvenir
Ainsi à la béatitude du Royaume.

Ou avec des mots personnels…

2ème temps – Lectio

  • Lire le texte en silence : je repère les mots, les personnages, les mouvements, le lieu… Je me représente la scène… Je relève ce qui me paraît important dans le texte.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

3ème temps – Meditatio

  • Relire lentement le texte : je regarde Jésus. Il me parle à travers cette Parole. Qu’est-ce que le texte me révèle-t-il de lui ? Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé(e) ? Touché(e) ? Interpelé(e) ?

Convaincu(e) que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en ayant une lecture christocentrique et en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

4ème temps – Oratio/Contemplatio

  • Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte biblique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession… Avec tout ce que je suis et vis ce jour.

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Le laisser s’ajuster à la disposition intérieure du Christ.

5ème temps – Actio

Il y a bien un 5ème temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie.

Lecture infiniment personnelle, la Lectio divina est aussi une lecture en Église. Il est bon de terminer en priant le Notre Père qui nous replace au cœur de l’Église.

Une proposition du service de la Vie spirituelle

Photo : Basilique du Rosaire – Lourdes – Wikimedia Commons

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