14 juin – Prier avec l’évangile de la Fête-Dieu

Si le Temps Pascal est bel et bien terminé, l’Église quant à elle n’a pas fini avec les fêtes et notre marche à la suite du Christ ne s’arrête pas. Ainsi, dimanche dernier, nous avons célébré la solennité de la Trinité et ce dimanche, nous célébrerons la « Fête-Dieu » ou fête du Saint-Sacrement.

Pour poursuivre notre marche, il nous faut « savoir ce que nous avons dans le cœur » (Dt 8,3) et découvrir que nous avons faim d’une autre nourriture que la nourriture terrestre : le pain vivant, « la manne et tout ce qui vient de la bouche du Seigneur » (Dt 8, 13). Notre marche ne se fait pas en solitaire, nous sommes le peuple de Dieu, que le Seigneur a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage » (Dt 8,14).  Et « la communion au sang et au corps du Christ nous constitue en un seul corps, nous qui sommes une multitude » (1 Co 10,16-17). Elle nous donne aussi « la vie éternelle » (Jn 6,54).


« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité. Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien.

Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée lectio divina.


Prier l’évangile de la « Fête-Dieu »,

11e  dimanche A

Jean 6,51-58

 

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  • Introduction

Contrairement aux trois autres évangélistes, dans le récit de la dernière Cène, Jean n’évoque pas l’institution de l’Eucharistie. Mais son chapitre 6 en est le pendant. Les paroles sont très semblables. Dans les deux cas elles suscitent un grand étonnement mais les réactions sont différentes. Les paroles prononcées le Jeudi Saint semblent « passer » ; elles sont même accueillies, retenues et transmises avec grand soin. Des années plus tard, Paul les retranscrit mot à mot comme un trésor auquel on ne peut toucher (1 Co 11,23). Ce soir-là, elles ont été reçues dans un climat d’amour du Seigneur et de grande confiance, même si elles n’étaient pas encore comprises. Tandis que chez Jean, le discours sur le Pain de Vie se situe dans un contexte de controverse voire de suspicion. La tête supplante le cœur malgré l’appel insistant de Jésus à croire en lui (Jn 6,29 et 36).

Et nous, comment allons-nous accueillir cet évangile ?

  • Comprendre la Parole (Jn 6, 51-58) – Quelques repères

Jésus parle dans la synagogue de Capharnaüm avant la fête de la Pâque et il s’adresse aux Juifs (sans doute davantage aux chefs religieux). Jésus donne le sens de la multiplication des pains, réalisée au début du chapitre 6. Ses paroles sont écrites au sein d’une communauté naissante, assidue à la « fraction du pain » mais aussi aux prises avec l’opposition des pharisiens. Elles nous parviennent aujourd’hui dans ce que nous vivons. Serions-nous « celui qui », mentionné plusieurs fois dans ce passage biblique ?

Le pain évoque bien des choses à commencer par la nourriture quotidienne et de base de tout Juif. Le pain venu du ciel nous relie au peuple marchant dans le désert après la sortie d’Égypte et nourri par la manne, don de Dieu. Mais c’était un pain qui ne rassasiait pas une fois pour toute. Chaque jour Dieu renouvelait son don et, finalement, les Hébreux mouraient. Il n’en est pas ainsi du « Pain vivant descendu du ciel ».

Jésus ne dit pas qu’il donne le Pain de Vie mais affirme qu’il EST le Pain de Vie. Et il proclame solennellement « Amen, amen, je vous le dis : (…) celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle » (Jn 6,54).

Le mot « chair » désigne tout ce qui fait la réalité de l’homme » (commentaire de la TOB). Il nous renvoie aussi au prologue de l’évangile : « Et le Verbe s’est fait chair » (Jn 1,14), véritable don du ciel. Et pour les Juifs, le mot « sang » évoque la vie.

Les termes « chair » et « sang » évoquent l’Incarnation de Dieu dans l’histoire, la vie de Jésus offerte au monde… jusqu’à sa mort sur la croix, le don total source de la vrai Vie. Et tout le texte « déborde » de vie (utilisé neuf fois) ; il nous parle de Résurrection et de Vie éternelle.

Le mot « manger » est aussi omniprésent. Le terme utilisé signifie « mâcher lentement », presque ruminer (comme on parle de manducation pour la Parole de Dieu). Donner le temps au temps, laisser germer, accueillir paisiblement…

Enfin, le « Fils de l’Homme » signifie chez Jean, l’être céleste à qui Dieu confiera l’ultime jugement de l’univers.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Jn 6, 51-58

51 Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

52 Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »

53 Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous.

54 Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.

55 En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.

56 Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.

57 De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.

58 Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

16 Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.

17 Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

18 Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

  • Écouter la Parole de Dieu et la prier

En vivant un temps de Lectio divina
(d’après la grille proposée par « PRIER LA PAROLE … pour en vivre »)

1er temps

Invoquer l’Esprit Saint au cours d’un bref moment de silence.

  • « Viens Esprit de Sagesse et d’Intelligence,
    viens ouvrir nos cœurs à ta présence,
    viens ouvrir notre compréhension
    à ce que le Seigneur veut nous dire par sa Parole.
    Accompagne-nous dans notre lectio divina de ce jour. »
  • Ou avec des mots personnels…

2ème temps – Lectio

  • Lire le texte en silence : je repère les mots, les personnages, les mouvements, le lieu… Je me représente la scène… Je relève ce qui me paraît important dans le texte.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

3ème temps – Meditatio

  • Relire lentement le texte : je regarde Jésus. Il me parle à travers cette Parole. Qu’est-ce que le texte me révèle-t-il de lui ? Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé-e ? Touché-e ? Interpelé-e ?

Convaincu-e que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en ayant une lecture christocentrique et en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

4ème temps – Oratio/Contemplatio

  • Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte bibilique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession…

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Le laisser s’ajuster à la disposition intérieure du Christ.

5ème temps Actio

Il y a bien un 5ème temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie.

Lecture infiniment personnelle, la Lectio divina est aussi une lecture en Église. Il est bon de terminer en priant le Notre Père qui nous replace au cœur de l’Église.

Service « Vie spirituelle »
Vicariat du Brabant wallon


Vous pouvez poursuivre votre prière
avec une méditation sur une oeuvre d’art illustrant la Fête-Dieu


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