Lectio Divina – Dimanche de la Parole de Dieu ce 23 janvier

 
3ème Dimanche du Temps ordinaire – Année C
Dimanche de la Parole de Dieu

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« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité. Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien. Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée Lectio divina.

« Qui est capable de comprendre toute la richesse d’une seule de tes Paroles, ô Dieu ?
Tu as coloré ta Parole de multiples beautés pour que chacun de ceux qui La scrutent puisse contempler ce qu’il aime. Tu as caché en Elle tous les trésors.
Ta Parole est un arbre de vie qui, de toutes parts, nous tend des Fruits bénis.
Que celui qui obtient une de ces richesses n’aille pas croire qu’il n’y a dans la Parole de Dieu que ce qu’il y trouve. Incapable d’épuiser sa Richesse, qu’il rende grâce pour sa Grandeur. Réjouis-toi parce que tu es rassasié, mais ne t’attriste pas de ce qui te dépasse.
Mieux vaut que la Source apaise ta soif plutôt que ta soif épuise la Source. Si ta soif est étanchée sans que la Source soit tarie, tu pourras y boire quand tu seras de nouveau assoiffé. Amen. »
(Saint Éphrem le Syrien 306-373)

La Lectio divina proposée pour ce 23 janvier est, exceptionnellement, consacrée à la 1ère lecture extraite du Livre de Néhémie. Elle nous donne de vivre une belle proclamation de la Parole. Ce peut aussi être l’occasion de mieux connaitre nos frères Juifs. Notons que ce passage est mentionné par le pape dans son motu proprio Aperuit illis (*) instaurant le ‘Dimanche de la Parole de Dieu’.

PRIER AVEC NÉHÉMIE CHAP 8,  2-4a.5-6.8-10

1er Temps – Invocation à l’Esprit Saint

  • Invoquer l’Esprit Saint et prendre un bref moment de silence

Viens, Esprit Saint
habiter nos cœurs
et faire de nous
le temple de ta gloire, une demeure
de  prière et de louange.

Viens, Esprit Saint,
fais de notre cœur
un cœur qui écoute,
attentif aux murmures
de la grâce.

Viens Esprit Saint
en chacune de nos vies.
Donne-nous
de discerner ta volonté
et de la vivre joyeusement
au long de ce jour
que Dieu nous donne.  

Dominicaines Estavayer

  • Ou avec des mots personnels…

2ème Temps – Lectio

  • Lire le texte en silence.

Livre de Néhémie (Ne 8, 2-4a.5-6.8-10)

02 En ces jours-là, le prêtre Esdras apporta la Loi en présence de l’assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C’était le premier jour du septième mois.

03 Esdras, tourné vers la place de la porte des Eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi.

04 Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès.

05 Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout.

06 Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre.

08 Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre.

09 Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi.

10 Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! »


Pour répondre à des questions de compréhension, je peux m’aider des repères suivants.

En 586 av JC, l’armée de Nabuchodonosor, roi de Babylone, a envahi Jérusalem et toute la Judée. Elle pille et détruit le Temple, une partie de la ville  ainsi que ses murailles. Des habitants sont emmenés en déportation à Babylone. Commence le long temps de l’Exil.  Tout en espérant ardemment le retour en Terre promise, le peuple s’organise pour rester fidèle à l’Alliance et vivre le culte loin du Temple. Entretemps, les Juifs restés au pays doivent composer avec les envahisseurs. De compromissions en compromissions, de mariages en mariages avec les païens, leur foi s’affadit.

Près de 50 ans plus tard, le roi Cyrus autorise les Juifs à retourner dans leur pays ; celui-ci reste toutefois sous la domination perse. La réalité est bien différente de ce qui avait été tant attendu et espéré. Ce sont des étrangers qui habitent les lieux et pour ce qui est des Juifs restés à Jérusalem on ne peut que constater un véritablement relâchement religieux. Non seulement il faut reconstruire le Temple et les murailles de la ville mais, surtout, il s’agit d’œuvrer  au ‘relèvement’ du peuple de Dieu. Il doit retrouver son unité pour rester fidèle à sa mission, à l’Alliance du Sinaï. Et le véritable ciment de cette unité est la Parole de Dieu, la LOI.

Deux hommes vont travailler de tout leur cœur à la restauration d’Israël : Néhémie et Esdras ; l’un est gouverneur et l’autre prêtre et scribe (v.9).

  • Esdras apporte le livre de la Loi,  à la demande de tout le peuple, « rassemblé comme un seul homme » (v.1) précise l’auteur pour souligner que la démarche vise l’unité d’Israël.  Sans doute Esdras l’a-t-il ramené de Babylone. Il s’agit du Pentateuque soit les cinq premiers livres de la Bible. La transcription des textes demandait aux scribes un travail excessivement minutieux et de longue haleine. Les exemplaires étaient donc très rares.
  • « C’était le premier jour du septième mois » : il s’agit d’une nouvelle lune fêtée avec une particulière solennité,  le nouvel-an. C’était la fête du shoffar (ou trompette). Ce jour était sanctifié et le repos sabbatique était obligatoire. Il était annoncé par une longue sonnerie de trompette. Il précédait de peu la fête des Tentes (Soukkot) qui rappelle les quarante ans passés dans le désert, là où le peuple a été façonné et a reçu la Loi.
  • Le peuple répondait « Amen! Amen! ». C’est un véritable cri du cœur, expression de la foi ravivée du peuple. Il nous renvoie au chapitre 24 du livre de l’Exode quand  « Moïse vint rapporter au peuple toutes les paroles du Seigneur et toutes ses ordonnances. Tout le peuple répondit d’une seule voix : « Toutes ces paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique. »(v.3 et 7). « Amen ! » : « Ainsi soit-il ! ».
  • « Les lévites traduisaient » (v.8) car le texte était écrit en Hébreu et les Juifs parlaient l’araméen.                                                                                                            

  • Relire à nouveau le texte en silence, lentement, crayon à la main : je repère le lieu, les personnages, les actions et attitudes, les paroles… Je me représente la scène… Je relève ce qui me parait important dans le texte.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

3ème Temps – Meditatio

Relire lentement le texte : je regarde à nouveau la scène décrite, je repère ce qui s’y passe en profondeur. Que me dit le texte ? Que me dit-il au sujet de Dieu, de sa relation avec ‘son peuple’ ? En quoi ce récit me touche-t-il ? Quelles attitudes vient-il vivifier en moi?  Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé(e) ? Touché(e) ? Interpelé(e) ?

Convaincu(e) que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

4ème Temps – Oratio/Contemplatio

Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte biblique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession…

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Il s’agit finalement de l’étape où Dieu lui-même vient habiter notre cœur et lui donner de savourer sa Parole. Il vient y déposer sa paix, sa joie et raviver notre foi.

5ème Temps – Actio

Il y a bien un 5ème temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie.

Lecture infiniment personnelle, la Lectio divina est aussi une lecture en Église.

Il est bon de terminer en priant le Notre Père qui nous replace au cœur de l’Église.

(*) « Le retour du peuple d’Israël dans sa patrie, après l’exil babylonien, fut marqué de façon significative par la lecture du livre de la Loi. La Bible nous offre une description émouvante de ce moment dans le livre de Néhémie. Le peuple est rassemblé à Jérusalem sur la place de la Porte des Eaux à l’écoute de la Loi. Dispersé par la déportation, il se retrouve maintenant rassemblé autour de l’Écriture Sainte comme s’il était « un seul homme » (Ne 8, 1). À la lecture du livre sacré, le peuple « écoutait » (Ne 8, 3), sachant qu’il retrouvait dans cette parole le sens des événements vécus. La réaction à la proclamation de ces paroles fut l’émotion et les pleurs : « Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre. Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi. […] Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! » (Ne 8, 8-10).  Ces mots contiennent un grand enseignement. La Bible ne peut pas être seulement le patrimoine de quelques-uns et encore moins une collection de livres pour quelques privilégiés. Elle appartient, avant tout, au peuple convoqué pour l’écouter et se reconnaître dans cette Parole. Souvent, il y a des tendances qui tentent de monopoliser le texte sacré en le reléguant à certains cercles ou groupes choisis. Il ne peut en être ainsi. La Bible est le livre du peuple du Seigneur qui, dans son écoute, passe de la dispersion et de la division à l’unité. La Parole de Dieu unit les croyants et les rend un seul peuple. » (AI §4)

Service de la Vie spirituelle
Vicariat du Brabant wallon

Illustration: D.R.

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