Lectio divina; – 2ieme dimanche de Carême (B) – 28 février 2021

« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité. Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien. Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée Lectio divina.

Nous retrouvons Jésus sur sa route qui le conduit vers Jérusalem. Mais aujourd’hui, il nous propose une halte et nous emmène sur une haute montagne où il sera transfiguré, tout rayonnant de lumière. Quelques jours plus tôt, il avait annoncé pour la première fois sa Passion aux disciples (Mc 8,31). Pierre avait été scandalisé par cette perspective, mais Jésus l’avait réprimandé, en ajoutant : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix » (Mc 8,34). Quelle tension paradoxale entre l’épreuve de la Croix annoncée plus tôt et cette expérience lumineuse de la gloire céleste vécue aujourd’hui ! Accueillons cet épisode comme un viatique pour éclairer et soutenir notre route vers Pâques, et ainsi lui donner du sens.

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Prier l’évangile de Marc 9,2-10

1er temps – Invocation à l’Esprit Saint

Invoquer l’Esprit Saint et prendre un bref moment de silence

Notre Dieu, Père de la Lumière,
Tu as envoyé dans le monde ton fils, Parole faite chair,
Pour te manifester à nous les hommes.
Envoie maintenant sur moi ton Esprit Saint,
Afin que je puisse rencontrer Jésus-Christ
Dans cette Parole qui vient de toi :
Afin que je la connaisse plus profondément
Et que, en la connaissant,
Je l’aime plus intensément pour parvenir
Ainsi à la béatitude du Royaume.

  • Ou avec des mots personnels…

2ème temps – Lectio

  • Lire le texte en silence.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 9,2-10)

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean,
et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.
Et il fut transfiguré devant eux.
3 Ses vêtements devinrent resplendissants,
d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
4 Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole et dit à Jésus :
« Rabbi, il est bon que nous soyons ici !
Dressons donc trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. 
»
De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande.
7 Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! »
8 Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.
Ils descendirent de la montagne,
et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu,
avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.
10 Et ils restèrent fermement attachés à cette parole,
tout en se demandant entre eux ce que voulait dire :
« ressusciter d’entre les morts ».


Pour répondre à des questions de compréhension, je peux m’aider des repères suivants.

En ce 2ème dimanche de Carême, Jésus choisit trois apôtres pour l’accompagner sur une haute montagne : Pierre, Jacques et Jean. Au long des évangiles, ces trois élus sont mis à part à plusieurs reprises, pour être les témoins d’événements importants : la Transfiguration, mais aussi la « résurrection » de la fille de Jaïre (Mc 8,54) et la prière de Jésus défiguré par l’agonie à Gethsémani (Mc 14,32-42).

Mais tournons-nous vers la Transfiguration de Jésus que nous célébrons en ce jour. L’évangile regorge d’allusions à la première alliance, démontrant le rapport intime entre cet épisode de la vie de Jésus et l’histoire d’Israël. Quels sont ces renvois au premier Testament ?

  • Jésus apparaît dans la gloire, accompagné par Moïse et Élie. N’est-il pas étonnant de le voir aux côtés de ces deux hommes qui représentent respectivement la Loi et les Prophètes : Moïse a transmis les tables de la Loi au peuple de Dieu, tandis qu’Élie, en précurseur des prophètes, avait annoncé la venue du Christ. Ainsi, Jésus vient récapituler toute l’histoire des hommes en lui. Il vient non pas enfreindre la Loi, mais accomplir ce qu’elle avait annoncé… Pensons, par exemple, à Moïse qui avait annoncé la venue d’un grand prophète qu’il nous faudrait écouter : « Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez » (Dt 18,15), à l’instar de la voix qui parle aujourd’hui dans la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Si Jésus accomplit la Loi et les Prophètes, faut-il s’étonner si, au final, il ne reste plus que Jésus (Mc 9,8) ?

En plus de récapituler l’histoire d’Israël, Moïse et Élie ont deux points communs. Tout d’abord, l’un et l’autre ont rencontré Dieu sur la haute montagne du Sinaï, aussi appelé Horeb (Ex 19,3-25 ; 24,12-18 et 1 R 19,8-18). Ensuite, leur mort est entourée d’un mystère, préfigurant la résurrection du Christ : Moïse meurt seul sur le Mont Nebo, sans que personne n’ait jamais retrouvé sa tombe (Dt 34,6) et Élie est emporté au ciel par un char de feu (2 R 2,11).

  • Pierre propose de dresser trois tentes. On peut comprendre sa tentation de chercher à faire durer ce moment furtif où Jésus se dévoile, où Dieu se révèle, où l’homme est consolé par une expérience spirituelle forte. Mais Jésus coupe court à son projet d’installation : il faut quitter la montagne de la Rencontre et redescendre dans la plaine du quotidien pour poursuivre la route. Dans la Bible, la montagne, à l’instar du désert, n’est pas une destination, mais le lieu d’un passage momentané, pour une expérience spirituelle. D’ailleurs, la tentation de Pierre renvoie sans doute à Soukkot, la fête des Tentes durant laquelle les Israélites s’installent pendant 7 jours dans des tentes, en souvenir de la traversée du désert (Lv 23,23-43).
  • Une nuée couvrit les apôtres de son ombre. Nouvelle allusion à la première alliance… Au désert de l’exode, la nuée était le signe de la présence de Dieu qui conduisait son peuple dans sa traversée du désert : « Le Seigneur lui-même marchait à leur tête : le jour dans une colonne de nuée pour leur ouvrir la route, la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer ; ainsi pouvaient-ils marcher jour et nuit» (Ex 13,21). La nuée était aussi le signe de la gloire de Dieu qui reposait sur la Tente de la Rencontre : « La nuée couvrit la tente de la Rencontre, et la gloire du Seigneur remplit la Demeure. Moïse ne pouvait pas entrer dans la tente de la Rencontre, car la nuée y demeurait et la gloire du Seigneur remplissait la Demeure » (Ex 40,34-35).

Relire à nouveau le texte en silence : je repère les mots, les personnages, les mouvements, le lieu… Je me représente la scène… Je relève ce qui me parait important dans le texte.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

3ème temps – Meditatio

Relire lentement le texte : je regarde Jésus. Il me parle à travers cette Parole. Qu’est-ce que cet Évangile me révèle de lui ? Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé(e) ? Touché(e) ? Interpelé(e) ?

Convaincu(e) que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en ayant une lecture christocentrique et en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

4ème temps – Oratio/Contemplatio

Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte biblique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession…

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Le laisser s’ajuster à la disposition intérieure du Christ.

5ème temps – Actio

Il y a bien un 5ème temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie.

Lecture infiniment personnelle, la Lectio divina est aussi une lecture en Église.

Il est bon de terminer en priant le Notre Père qui nous replace au cœur de l’Église.

Service de la formation
Vicariat du Brabant wallon

Illustration : Le Titien – Transfiguration – Common Medias

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