7 juin – Évangile de la Sainte Trinité (A)

Après la fête de la Pentecôte, nous retournons dans le Temps dit ordinaire, mais pas n’importe comment. Durant tout le Temps pascal, nous avons goûté, célébré et essayé de vivre de l’amour du Dieu-Trinité. Nous avons vu se déployer son Mystère pour « sa plus grande gloire et le salut du monde ». Ce dimanche, l’Église nous propose un temps d’arrêt pour le contempler et accueillir l’amour qui non seulement unit le Père, le Fils et l’Esprit Saint mais est aussi notre part. Le soir du Jeudi Saint, Jésus priait ainsi : « Père, je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux » (Jn 17, 26).

Pas rien !


« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité. Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien.

Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée Lectio divina.


Prier l’évangile de la
solennité de la Sainte Trinité A

Jean 3,16-18

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  • Introduction

Le texte de l’évangile du jour est court. Nous vous invitons à prendre le temps d’en recopier soigneusement les trois versets en prêtant attention à tous les mots, car ils sont chacun porteur de sens. Ils nous révèlent ce Mystère de Dieu qu’une vie entière ne suffirait pas à en mesurer la grandeur et la profondeur. Mais si nous en accueillons sincèrement ne fut-ce qu’une parcelle nous sommes introduits dans la Vie éternelle. « Il ne s’agit pas d’expliquer ni de prouver ni de comprendre quoi que ce soit. Il s’agit de rencontrer ce Mystère dans la personne de quelqu’un, de Jésus, et de se laisser saisir par lui. (…) C’est seulement en lui que nous pouvons rencontrer à chaque instant « l’amour du Père et la communion de l’Esprit Saint » (André Louf, S’abandonner à l’amour, Salvator, p. 136 et 137).

Baptistère Buda - Wikipédia

  • Comprendre la Parole (Jn 3,16-18) – Quelques repères

Dans le chapitre 3 de saint Jean, Nicodème rencontre Jésus, de nuit. Leur dialogue, quelque peu surprenant, tourne autour des verbes « naître » et « renaître ». Puis, Jésus poursuit par un monologue. Celui-ci commence avec une allusion claire à la mort et à la résurrection de Jésus (Jn 3,13-14) face auxquelles tout homme est invité à se situer : recevoir ou pas le témoignage de Jésus ; croire ou ne pas croire. Ce verbe rythme nos trois versets. Jean ne parle pas de « foi » qui donnerait à penser qu’on peut la posséder. Il utilise toujours le verbe « croire ». C’est une action, un mouvement qui consiste à recevoir Jésus comme l’envoyé du Père ; l’écouter et le suivre.

Le terme « monde » est aussi propre à Jean. « Il l’utilise tantôt pour désigner l’univers dans son ensemble et tantôt l’humanité qui en constitue la part la plus importante. Celle-ci peut être envisagée soit comme objet de l’amour de Dieu (Jn 3,16), soit comme s’organisant dans le refus de Dieu et de la Révélation » (notes TOB Jn 1,10).

Le verset 16 donne le ton : l’amour de Dieu est premier. « Dieu a tant aimé le monde… » avons-nous en tête. La nouvelle traduction liturgique emploie le mot « tellement ». Et c’est heureux : cet adverbe « introduit une subordonnée de conséquence » (Larousse). Dieu ne peut nous aimer sans agir.

Comprenons bien aussi l’expression « vie éternelle ». Ce texte est proposé pour les funérailles, ce qui pourrait induire que Jésus parle uniquement d’une vie après la mort. Mais, en fait, il évoque une vie qui peut déjà commencer ici et maintenant : « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jn 17,3).

Enfin, il y a jugement et jugement ! « Jésus n’est pas venu pour juger le monde », est-il écrit. Ici, il faut comprendre « condamner » le monde qui s’oppose à « sauver ». Mais celui qui refuse de croire en Jésus, se « perd » loin de Dieu et réalise par lui-même son jugement.

Il nous reste à lire entre les lignes pour y repérer l’action de l’Esprit Saint…

Évangile de Jésus Christ
selon saint Jean
(3,16-18)

16 Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.

17 Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

18 Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

 

  • Écouter la Parole de Dieu et la prier

En vivant un temps de Lectio divina
(d’après la grille proposée par « PRIER LA PAROLE … pour en vivre »)

1er temps

Invoquer l’Esprit Saint au cours d’un bref moment de silence.

« Dieu qui fais toutes choses nouvelles
Quand passe le vent de l’Esprit,
Viens encore accomplir tes merveilles aujourd’hui.

Viens ouvrir nos cœurs à ta présence,
Viens ouvrir notre compréhension à ce que le Seigneur veut nous dire par sa Parole. »

Ou avec des mots personnels…

2ème temps – Lectio

  • Lire le texte en silence : je repère les mots, les personnages, les mouvements, le lieu… Je me représente la scène… Je relève ce qui me paraît important dans le texte.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

3ème temps – Meditatio

  • Relire lentement le texte : je regarde Jésus. Il me parle à travers cette Parole. Qu’est-ce que le texte me révèle-t-il de lui ? Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé-e ? Touché-e ? Interpelé-e ?

Convaincu-e que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en ayant une lecture christocentrique et en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

4ème temps – Oratio/Contemplatio

  • Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte bibilique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession…

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Le laisser s’ajuster à la disposition intérieure du Christ.

5ème temps Actio

Il y a bien un 5ème temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie.

Lecture infiniment personnelle, la lectio divina est aussi une lecture en Église. Il est bon de terminer en priant le Notre Père qui nous replace au cœur de l’Église.


Service « Vie spirituelle »
Vicariat du Brabant wallon


Vous pouvez poursuivre votre prière
avec une méditation sur une oeuvre d’art représentant la Sainte Trinité


Illustration : baptistère de Budos (Gironde, France) – Wikipédia – BY-SA

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