19 avril – Evangile du 2ème dimanche de Pâques (A)

L’Alléluia a jailli dans la nuit de Pâques. La joie éclate ! Et pourtant… Paralysés par la peur, les disciples restent enfermés ; pour croire, Thomas veut voir et toucher les plaies du Seigneur. La foi en Jésus ressuscité ne semble pas évidente. Elle est un don. Elle nous est offerte avec pédagogie et délicatesse par le Seigneur lui-même.


« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité.

Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien.

Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée Lectio divina.

Vous pouvez télécharger le texte ci-dessous au format pdf en cliquant ici.

Vous pouvez également découvrir plus sur le tableau du Caravage présenté ci-dessus.

Prier l’évangile du 2ème dimanche de Pâques (A)

Texte de l’évangile : ici

  • Introduction

 Comment ne pas nous sentir rejoints par l’Évangile de ce deuxième dimanche de Pâques ?

Nous y retrouvons des disciples enfermés ; ils sont sans leur maître et pasteur car il a été mis à mort. Ils sont tenaillés par la peur, par la peur de mourir. Ils ne savaient pas encore que « (Dieu), dans sa grande Miséricorde nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la Résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts » (2ème lecture 1P1,3).

Quelle est donc la Bonne Nouvelle pour nous, aujourd’hui, contenue dans les versets de Jean ?

  • Comprendre la Parole (Jn 20,19-31) – Quelques repères

Situé à la fin du chapitre 20, le récit commence au soir du « premier jour » de la semaine. Il suit deux autres événements vécus au cours de la même journée. Tôt le matin, alertés par Marie-Madeleine que le tombeau est vide, Pierre et Jean y courent. Jean « vit et cru » (Jn 20,1-10). Marie Madeleine reste seule près du tombeau. Jésus ressuscité lui apparaît et, l’appelant par son nom, se fait reconnaître. Il l’envoie vers les disciples et elle leur annonce : « j’ai vu le Seigneur ! » (Jn 20,11-18).

Jésus rejoint les disciples au terme de ce « premier jour ».  Dans le décompte traditionnel juif, la semaine recommence le lendemain du shabbat (samedi). Le dimanche – jour du Seigneur – est donc bien le premier de la semaine. Jésus revient huit jours plus tard, ou le « huitième jour ». Cette autre façon de compter nous fait entrer dans une nouveauté : tout en gardant le cycle de la semaine juive, on y ajoute un jour, signe d’une création nouvelle inaugurée par la mort et la Résurrection de Jésus et marquée par le don de l’Esprit.

Tous les disciples sont confinés, sauf un, Thomas. Que savons-nous à son sujet? Peu de choses sinon ce que Jean nous en dit. Il est appelé « didyme » ce qui signifie « jumeau » (Jn 11,16). Quand Jésus apprend la mort de Lazare, il décide de partir à Béthanie, tout proche de Jérusalem. Il sait que les Juifs veulent le lapider. Alors Thomas dit aux autres disciples « Allons, nous aussi, pour mourir avec lui. » (Jn 11,16). Serait-il quelqu’un qui ne craint pas la mort ? Au cours du dernier discours de Jésus avec ses apôtres, Thomas lui dit « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas. Comment pourrions-nous connaitre le chemin ? » (Jn 14,5). Est-ce le cri d’un disciple qui ne peut imaginer la perspective de perdre son maître ?

Quand tous les disciples sont « enfermés dans le lieu où ils se trouvaient », Thomas est absent. A-t-il osé braver le danger cherchant désespérément Jésus et voulant le trouver par ses propres moyens ?

Jésus ressuscité montre les plaies de ses mains, de ses pieds et de son côté. Elles sont toujours là. Simple signe distinctif ? « Que Vous nous aimez, ô Cœur de Jésus ! (…). Vous avez voulu encore être ouvert (aux hommes) et être blessé pour eux après votre mort ; Vous avez voulu porter éternellement cette blessure comme signe de votre amour, comme signe que votre Cœur est toujours ouvert à tous les vivants, est toujours prêt à les recevoir, à leur pardonner, à les aimer… » écrit Charles de Foucauld (Méditation n° 520 sur les saints Évangiles, in L’imitation du Bien-aimé, Nouvelle Cité, page 282.). Au-delà des plaies, Thomas entrevoit tout l’amour du Père et il peut s’écrier « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».

La première parole de Jésus est « La paix soit avec vous ! ». On y reconnait la salutation juive traditionnelle, « Shalom ! », par laquelle on souhaite la plénitude du bonheur.  Dans le contexte de peur où se trouvent les disciples on peut aussi comprendre : « Que votre cœur cesse de se troubler, soyez sans crainte ! ». Mais, plus qu’une salutation, plus qu’une parole d’apaisement, « La paix soit avec vous ! » nous annonce et nous apporte la véritable paix « (qui) est le fruit du sacrifice de Jésus (Jn 16,33), elle n’a rien à voir avec la paix de ce monde. Quand la tristesse fond sur les disciples qui vont être séparés de leur maître, Jésus les rassure, ‘Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix’ ; cette paix n’est plus liée à sa présence terrestre mais à sa victoire sur le monde (sur le péché). Ainsi, victorieux de la mort, Jésus donne-t-il, avec sa paix, le Saint Esprit et le pouvoir sur le péché » (Vocabulaire théologique de la Bible). Cette paix est l’accomplissement de notre réajustement à Dieu ou, comme on le chante dans la Séquence de Pâques « Le Christ innocent a réconcilié l’homme pécheur avec le Père. ».

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! ». Jésus porte-t-il un jugement négatif sur la crédulité de Thomas ? Mais les autres disciples ont aussi vu. Ne peut-on dire que Jésus invite les disciples au témoignage (ce qui est le but premier de l’Évangile de Jean : Jn 20,31) et qu’il s’adresse à tous ceux dont la foi ne pourra reposer que sur le témoignage des apôtres ? Ainsi en est-il pour les chrétiens à qui s’adresse la première épître de Pierre : « Lui vous l’aimez sans l’avoir vu, en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi » (2ème lecture 1P1,8).

  • Ecouter la Parole de Dieu et la prier

En vivant un temps de Lectio divina

(d’après la grille proposée par « PRIER LA PAROLE … pour en vivre »)

1er temps  –  Invoquer l’Esprit Saint au cours d’un bref moment de silence.

« Notre Dieu, Père de la Lumière,
Envoie maintenant sur moi ton Esprit saint,
Afin que je puisse rencontrer Jésus-Christ
Dans cette parole qui vient de toi :
Afin que je la connaisse plus profondément
Et que, en la connaissant,
Je l’aime plus intensément pour parvenir
Ainsi à la béatitude de Royaume. »

Ou avec des mots personnels…

2e temps  –  Lectio

Lire le texte en silence : je repère les mots, les personnages, les mouvements, le lieu… Je me représente la scène… Je relève ce qui me parait important dans le texte.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

3e temps  –  Meditatio

Relire lentement le texte : je regarde Jésus. Il me parle à travers cette Parole.  Qu’est-ce que le texte me révèle-t-il de lui ?  Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé-e ? Touché-e ? Interpelé-e ?

Convaincu-e que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite  pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en ayant une lecture christocentrique et en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

4e temps  –  Oratio/Contemplatio

Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte biblique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession…

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Le laisser s’ajuster à la disposition intérieure du Christ.

5e temps  –  Actio

Il y a bien un 5e temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie.

Lecture infiniment personnelle, la lectio divina est aussi une lecture en Eglise.                        Il est bon de terminer en priant le NOTRE PÈRE qui nous replace au cœur de l’Eglise.

Proposé par le Service de la vie spirituelle


« Seigneur, Tu es ressuscité d’entre les morts le 3ème jour selon les Écritures. Sur Toi la mort n’a plus aucun pouvoir ! Ta Résurrection est le fondement de notre Foi en famille. Comme au premier jour, nous entendons les paroles de l’Ange : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui est Vivant ? Il n’est pas ici. Il est ressuscité ! Alléluia ! » Comme les apôtres, fais-nous passer de l’incrédulité à l’émerveillement devant cet Evénement si étonnant. Quand notre foi est mise à rude épreuve au milieu des tentations de ce monde, des souffrances, du mal, des injustices, des tragédies, de la mort que nous subissons ou que nous voyons autour de nous, accorde-nous d’être toujours unis en famille pour faire l’expérience, comme les apôtres, de Ta présence dans notre vie. Aujourd’hui encore, Tu Te tiens au milieu de nous et Tu nous dis : « La Paix soit avec vous ! » Comme Thomas, nous confessons que Tu es notre Seigneur et notre Dieu. Sa foi était presque morte, mais il a reçu de Toi le Don d’une Foi plus solide par sa rencontre avec Toi. Soutiens notre famille pour transmettre cette même Foi autour de nous malgré les contestations. Fais de nous les apôtres de la Joie de la Résurrection. Amen ! Alléluia ! »

« Seigneur, fais de nous les apôtres de la Joie de la Résurrection »

P. Ludovic Lécuru, o.s.b., 100 prières en famille

Illustration : L’incrédulité de saint Thomas – Le Caravage – Wikipedia – CC0

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