Lectio divina – Vigile Pascale (B)

« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité. Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien. Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée Lectio divina.


3 avril 2021

Vigile pascale – Année B


L’une après l’autre, nous écoutons les lectures de la Veillée pascale. Elles nous introduisent dans la belle et longue Histoire sainte qui unit Dieu à son peuple et, in fine, à toute l’humanité. L’évangile lu en cette nuit de Pâques à la fois s’y enracine et, en même temps, nous fait passer vers un ‘au-delà’. Il est court mais tellement dense. Il évoque, par touches successives, le Mystère pascal qui n’en finira jamais de nous dépasser, nous émerveiller et peut-être même nous laisser sans voix. Merci à l’évangéliste Marc : utilisant des mots et des images peu ordinaires, il nous accule ainsi à en rechercher le sens et, surtout, la Bonne Nouvelle qu’ils apportent. Oui, ils témoignent de l’inouï de la Résurrection de Jésus, du jaillissement d’une vie nouvelle, source d’eau vive qui s’écoule encore aujourd’hui pour nous. La liturgie prévoit qu’avant la proclamation de l’évangile, nous l’acclamions du plus superbe ‘Alléluia !’. Par la suite, elle nous appelle à renouveler notre profession de foi baptismale reconnaissant ainsi que par et avec Jésus nous sommes effectivement « morts au péché, mais VIVANTS POUR Dieu en Jésus Christ » (Rm 6,11).

Télécharger cette méditation en pdf

Prier l’évangile de Marc 16,1-7

1er temps – Invocation à l’Esprit Saint

Invoquer l’Esprit Saint, par exemple avec ce texte du Veni Creator, et prendre un bref moment de silence

Viens, Esprit Créateur,
visiter les âmes de tes fidèles.
Emplis de la grâce d’en haut
Les cœurs que Tu as créés.
Repousse l’ennemi loin de nous,
Procure-nous la paix sans retard
pour que, sous Ta conduite,
nous évitions tout mal.
Toi qu’on nomme le Conseiller,
le don du Dieu Très-Haut,
source vive, flamme, charité,
et l’onction de la grâce.
Fais-nous connaître le Père
et révèle-nous le Fils.
Et Toi, leur commun Esprit,
fais-nous toujours croire en Toi.
Tu es l’Esprit aux sept dons,
le doigt de la droite du Père,
promesse authentique du Père,
qui rend nos langues éloquentes.
Gloire soit à Dieu le Père,
au Fils, ressuscité des morts,
à l’Esprit de conseil,
pour les siècles des siècles.
Allume Ta clarté dans nos âmes,
emplis d’amour nos cœurs
et fortifie nos faibles corps
de Ta vigueur éternelle.
Amen.

Ou avec des mots personnels…


2ème temps – Lectio

  • Lire le texte en silence.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 16,1- 7)

01 Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus.

02 De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au tombeau dès le lever du soleil.

03 Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? »audio-150191-CCO-Pixabay-OpenCliparts-100px

04 Levant les yeux, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande.

05 En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur.

06 Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé.

07 Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.” »


Pour répondre à des questions de compréhension, je peux m’aider des repères suivants.

La veille du sabbat, Jésus est crucifié. Une foule était rassemblée autour de la croix. Des femmes observaient de loin. On sait que trois d’entre elles avaient suivi et servi Jésus quand il était en Galilée et elles étaient montées à Jérusalem avec lui (15,41). Elles étaient encore là quand Joseph d’Arimathie déposa Jésus dans le tombeau et roula la pierre pour le fermer. Et « elles observaient l’endroit où on l’avait mis » (15,46.47).

Avec l’évangile de la nuit pascale, nous les accompagnons retournant au tombeau.

Elles ne sont pas anonymes : il s’agit de Marie-Madeleine, Marie, la mère de Jacques, et Salomé (v.1). La Résurrection touche tout homme personnellement. Par ailleurs, leur nom ou leur histoire personnelle nous parlent de ce que réalisent la mort et la Résurrection de Jésus. Ainsi, Marie-Madeleine est celle qui a accueilli le pardon de Dieu offert en Jésus Christ. Marie est mère de Jacques. Ce prénom est la traduction de ‘Jacob’ (devenu Israël), celui qui a reçu la bénédiction de Dieu et ses promesses. Elles sont maintenant accomplies. ‘Salomé’ a la même racine que ‘shalom’, la paix. Jésus ressuscité nous donne sa Paix (Jn 20,19.26).

Elles sont trois, comme Pierre, Jacques et Jean, témoins de la Transfiguration du Seigneur qui préfigurait sa Résurrection. Elles sont femmes et évoquent la vie car elles portent en elles la capacité de donner naissance.

Le « sabbat est terminé » (v.1)… comme le ‘repos’ de Jésus dans le tombeau. Cette référence au sabbat fait le lien avec les évènements du vendredi. Elle signifie ainsi que la mort de Jésus n’est pas un point final : il y a une suite.

Le sabbat est fini, la nuit aussi. Marc insiste, c’est l’heure de la lumière : « de grand matin » (v.2), quand l’obscurité s’estompe ; mais, surtout, « au lever du soleil » (v.2), quand la lumière repousse résolument les ténèbres. C’était aussi le « premier jour de la semaine » (v.2). Cette indication de temps nous renvoie au calendrier juif, le sabbat étant pour eux le septième et dernier jour de la semaine. Mais elle nous oriente aussi vers le récit de la création quand, au ‘premier jour ‘ « la lumière fut » (Gn 1,3). Toutes ces précisions relatives au moment induisent l’idée d’un ‘jour nouveau’, d’une ‘nouvelle création’.

Deux éléments du récit posent question et introduisent l’inouï de la suite. Les femmes se rendent au tombeau pour embaumer le corps de quelqu’un mort depuis près de deux jours. N’est-ce pas un peu tard, ne va-t-il pas déjà « sentir » comme dit dans le récit de la résurrection de Lazare (Jn 11,39) ? De plus, ce n’est que chemin faisant qu’elles s’interrogent au sujet de la grande pierre qu’il leur sera impossible de rouler ! « Qui nous roulera la pierre ? » (v.3) se demandent-elles. « Levant les yeux, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre » (v.4)Déjà l’œuvre de Dieu se fait pressentir : « Je lève les yeux vers les montagnes : d’où le secours me viendra-t-il ? Le secours me viendra du Seigneur qui a fait le ciel et la terre » chante le psalmiste (Ps 120,1.2).

Elles entrent dans le tombeau et voient « assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc » (v.5). Mais qui est cet être mystérieux ? Est-ce un ange ? Est-ce un homme ? Son vêtement blanc renvoie sans doute à celui de Jésus à la Transfiguration. Mais peu importe, l’essentiel n’est-il pas dans son message ?

Comme les trois disciples présents au mont Thabor, les femmes « furent saisies de frayeur » (v.5), un émoi profond  devant une réalité qui les dépasse et les bouleverse. Seul un cœur pacifié pourra l‘accueillir progressivement : « ne soyez pas effrayées ! ».

« Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? » (v.6). Jésus, homme parmi les hommes, monté de Galilée à Jérusalem où il a été crucifié sous les yeux de tous. En deux mots, ‘Nazareth’ et ‘Crucifié’, Marc ramasse tout le parcours humain de Jésus, ce que les femmes avaient vu et connu. Que pouvaient-elles chercher d’autre ? Le jeune homme s’adresse à elles sous le mode interrogatif : au fond d’elles-mêmes, habitées par les promesses de l’ancien Testament, nourries des Paroles de Jésus, ne sont-elles pas inconsciemment en train d’espérer plus ? La question ouvre à un inattendu : « Il est ressuscité : il n’est plus ici » (v.6), il a été relevé d’entre les morts par Dieu. Et parce qu’il est ressuscité, Jésus EST, mais plus ici, dans le domaine de la mort, car Dieu l’en a libéré. « Voici l’endroit où on l’avait déposé » (v.6), cet endroit qu’elles avaient bien observé la veille du sabbat (15,47).

« Maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : il vous précède en Galilée. » (v.7). Alors qu’au début du récit, les femmes « se disaient entre elles » (v.3), comme repliées sur elles-mêmes, elles sont maintenant appelées à « aller dire ». La Galilée est la région où les disciples s’en retournent à leur vie quotidienne. C’est aussi là que Marc fait commencer la mission de Jésus ; là où les disciples sont appelés à la poursuivre.

Ce qui authentifiera le message des femmes est la Parole de Jésus lui-même : « comme il vous l’a dit », au mont des Oliviers peu avant d’être arrêté, « une fois ressuscité, je vous précéderai en Galilée » (14,28).


Relire à nouveau le texte en silence : je repère les mots, les personnages, les mouvements, le moment, le lieu… Ce qui est dit et comment, ce qui est à voir et, peut-être, n’est plus à voir. Je me représente la scène… Je relève ce qui me parait important dans le texte.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

3ème temps – Meditatio

Relire lentement le texte : je regarde Jésus. Il me parle à travers cette Parole. Qu’est-ce que cet Évangile me révèle de lui ? Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé(e) ? Touché(e) ? Interpelé(e) ?

Convaincu(e) que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en ayant une lecture christocentrique et en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

4ème temps – Oratio/Contemplatio

Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte biblique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession…

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Le laisser s’ajuster à la disposition intérieure du Christ.

5ème temps – Actio

Il y a bien un 5ème temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie.

Lecture infiniment personnelle, la Lectio divina est aussi une lecture en Église.
Il est bon de terminer en priant le Notre Père qui nous replace au cœur de l’Église.

Service de la Vie spirituelle
Vicariat du Brabant wallon

Illustration : © Thérèse HENRY-WARRANT – Tous droits réservés

Laissez-nous votre commentaire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :