Lectio divina 2ème dimanche de l’Avent(B) – 6 décembre 2020

En cette période de fête de saint Nicolas, des enfants attendent fébrilement sa venue. Ils sont sûrs qu’il va déposer des jouets peut-être espérés ou, mieux, inattendus, surprenants. Ce sera alors l’émerveillement ! Et nous, où en sommes-nous ? La liturgie des dimanches précédents a ravivé notre vigilance et nous a tout naturellement placés sur le chemin de l’Avent, ce temps d’ un long désir. Nous y marchons ensemble, prenant soin de notre espérance et de celle des autres. Dans la méditation « Art et Foi » du 1er dimanche de l’Avent, Isaïe nous invitait même à une espérance audacieuse ; espérant contre toute espérance, aurait dit saint Paul (Rm 4,18). C’est aussi celle d’un autre prophète, Jean-Baptiste. Quelle est donc la racine d’une telle espérance ? Et, comment avancer, habités d’une telle espérance ?

« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité. Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien.

Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée Lectio divina.

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Prier l’évangile du 2ème dimanche de l’Avent B

Marc 1, 1-8

  • Introduction

Les premières lectures de ce dimanche sont d’une richesse inépuisable.

En pleine épreuve de l’exil, Isaïe (40,1-5.9-11) ose affirmer que le Seigneur va mettre fin à la servitude de son peuple (Ne l’a-t-il pas déjà fait au temps de l’esclavage en Égypte ? Souviens-toi…). Dieu exhorte : il s’agit de « consoler son peuple », de le remettre en marche. Il convient de préparer le chemin du Seigneur pour qu’il puisse agir avec force : combler les ravins, abaisser les montagnes… et, par-dessus tout, pardonner.

Le mot « cœur » encadre la prophétie d’Isaïe : « parler au cœur de Jérusalem » au début et, à la fin, le berger porte ses agneaux « sur son cœur ». Comme si les paroles de feu d’Isaïe jaillissaient d’un cœur-à-cœur avec le Seigneur ; comme si on ne pouvait les comprendre que dans ce cœur-à-cœur.

Pierre, dans son épître, nous place aussi dans la  bienveillance du Seigneur : « mes bien-aimés » ouvre et ferme le passage lu ce dimanche (2P 3,8-14). Alors, il peut inviter les chrétiens, de sa communauté et ceux d’aujourd’hui, à entrer dans la patience de Dieu ; à accepter la longue durée de l’attente de « l’avènement du jour de Dieu » (v.12). C’est un acte missionnaire : il permet que personne ne se perde (v.9). Enfin, vivre dans la sainteté et la piété peut hâter la venue du Seigneur (v.12). Dieu est fidèle et il tient sa promesse mais il veut la conversion de tous, que chacun et chacune se tourne vers lui, compte sur lui, espère en lui.

Dans la mouvance d’Isaïe et de Pierre, faisons nôtres les mots du répons du psaume Fais-nous voir, Seigneur, ton amour…

  • Comprendre la Parole (Mc 1,1-8) – Quelques repères

Ce dimanche, nous accueillons les tout premiers versets de l’évangile de Marc.

  • « Commencement » en est le premier mot. Comment ne pas y entendre celui qui ouvre la Bible, « Au commencement », nous renvoyant au projet d’amour initial de Dieu. Allons-nous être témoins (dans tous les sens du terme) d’une nouvelle création ou d’un retour au projet créateur de Dieu ?
  • Marc parle d’une « Bonne Nouvelle» qui se traduit en grec par le mot « évangile ». C’est celui qu’annonçaient les apôtres ou saint Paul quand il écrit : Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour (1Co 15,3-4).
  • Marc indique ensuite en qui et par qui cette Bonne Nouvelle vient à nous : Jésus (Dieu qui sauve), Christ (l’oint, rempli de l’Esprit Saint) et Fils de Dieu. Par la suite, l’évangile en parlera plus, mais il nous donnera à découvrir et goûter toute l’épaisseur et l’extraordinaire réalité contenue dans ce titre au point qu’un centurion, au pied de la croix, proclamera : Vraiment cet homme était Fils de Dieu (Mc 15,39).
  • La prophétie d’Isaïe citée par Marc nous renvoie à la première lecture. Le « Alors, Jean parut dans le désert » (v.4) nous invite à croire à l’accomplissement de cette prophétie.
  • Le désert peut évoquer l’aridité, le lieu de combats, mais aussi le chemin de libération au cours duquel Dieu a guidé et façonné son peuple.
  • À l’époque de Jean, qui était baptiste comme bien d’autres, le baptême était un rituel vécu dans certaines circonstances. Véritable ‘plongée’, il avait une portée plus radicale que les purifications quasi quotidiennes. Sous-jacent à cette démarche, il y avait un désir de pureté, d’éliminer tout corps étranger comme on purifie l’or par le feu. Un cœur pur est un cœur tout donné à Dieu, sans compromis. Le baptême dans l’Esprit sera donc une plongée dans la vie de l’Esprit qui anime Jésus et l’unit au Père ; en lui laissant toute la place.
  • Le Jourdain est le fleuve traversé pour entrer en Terre promise.
  • Jean est vêtu de poil de chameauCette précision vestimentaire n’est pas anecdotique. Elle nous rappelle d’abord que Jean est aussi un prophète, le dernier de la longue lignée des prophètes de l’Ancien Testament. Ensuite, elle nous renvoie à Élie (2R 1,8) qui était censé revenir : Voici que je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que vienne le jour du Seigneur, jour grand et redoutable (Ml 3,23).
  • Il en est de même pour les détails alimentaires : les sauterelles et le miel sont sujets à différentes interprétations. Certains disent que les sauterelles rappelleraient les dix plaies d’ Égypte (Ex 10,12) et la main de Dieu qui a libéré son peuple. Le miel évoquerait la Terre promise où lait et miel ruissellent (Ex 3,8).

Le texte de Marc nous introduit dans ce mouvement d’une nouvelle libération accomplie par la mort et la résurrection de Jésus, réalisation de la promesse d’Isaïe. Quelle perspective lumineuse ! Mais, pour cela, il nous faut entendre l’appel à la conversion de Jean pour que tout ravin soit comblé, toute montagne abaissée, tout péché pardonné…

Alors que signifie attendre à la suite du prophète Isaïe, avec les chrétiens des premières communautés, à l’appel de Jean-Baptiste ?

Qui attendons-nous ? Vers l’accomplissement de quelles promesses marchons-nous ensemble ? Comment en vivre ?

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (1, 1-8)

01 COMMENCEMENT DE L’ÉVANGILE de Jésus, Christ, Fils de Dieu.

02 Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin.

03 Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.

04 Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.

05 Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés.

06 Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

07 Il proclamait : Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.

08 Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint.

Écouter la Parole de Dieu et la prier

En vivant un temps de Lectio divina
(d’après la grille proposée par « PRIER LA PAROLE … pour en vivre »)

1er temps

Invoquer l’Esprit Saint au cours d’un bref moment de silence, puis par ces mots (par exemple, et en mettant ce morceau musical joué à la cithare) :

Esprit qui souffla dans le cœur d’Isaïe,
de nous préparer à la venue du Seigneur,
remplis-nous de ta consolation.

Esprit qui emplit Jean-Baptiste
par le don de prophétie,
remplis-nous de ta force.

Esprit qui habite en nous,
depuis notre baptême,
remplis-nous de l’intelligence des Écritures.

  • Ou encore avec des mots personnels…

2ème temps – Lectio

  • Lire le texte en silence : je repère les mots, les personnages, les mouvements, le lieu… Je me représente la scène… Je relève ce qui me paraît important dans le texte.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

3ème temps – Meditatio

  • Relire lentement le texte : je regarde Jésus. Il me parle à travers cette Parole. Qu’est-ce que le texte me révèle-t-il de lui ? Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé(e) ? Touché(e) ? Interpelé(e) ?

Convaincu(e) que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en ayant une lecture christocentrique et en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

4ème temps – Oratio/Contemplatio

  • Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte biblique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession… Avec tout ce que je suis et vis ce jour.

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Le laisser s’ajuster à la disposition intérieure du Christ.

5ème temps – Actio

Il y a bien un 5ème temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie.

Lecture infiniment personnelle, la Lectio divina est aussi une lecture en Église. Il est bon de terminer en priant le Notre Père qui nous replace au cœur de l’Église.

Une proposition du Service de la Vie spirituelle

 

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