Lectio divina – 3ème dimanche de l’Avent(B) – 13 décembre 2020

Gaudete!

L’Avent nous emmène peu à peu sur un très beau chemin. C’est le temps « d’un long désir », celui de la venue du « Fils de l’homme dans sa gloire ». Parce qu’elle semble s’éterniser, la longue attente nous fait entrer dans la patience miséricordieuse de Dieu et nous ancre dans l’espérance. La relecture ou la proclamation faites par Isaïe, Paul, Pierre ou Marc nous amènent à chanter avec Marie « sa miséricorde s’étend d’âge en âge » (Lc1,50), « il se souvient de son amour » (Lc 1,54). Dieu accomplit toujours ses promesses. Alors, en ces jours de grande morosité, si pas de découragement, l’Eglise ose nous convier à rejoindre notre joie profonde, parfois enfouie, « coulée » dans le Magnificat jaillissant du cœur de Marie. Oui, la liturgie de ce dimanche reconnaît qu’une joie nous habite : « Seigneur, dirige notre joie vers la joie d’un si grand Mystère » (prière d’ouverture de ce 3ème dimanche de l’Avent).

Prenons donc soin de cette joie qui ne peut que s’écouler et… faire fleurir les terres arides, assoiffées. Accueillons-la humblement, laissons-la se déployer afin d’être trouvés au diapason du chant de l’ange la nuit de Noël : « Je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera grande joie pour tout le peuple » (Lc 2,10).

Oui, la couleur liturgique de ce dimanche – couleur d’un ciel d’aurore – le rose, nous va si bien !

Nous pouvons entrer dans la méditation de ce dimanche avec le chant Aube nouvelle

« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité. Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien.

Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée Lectio divina.

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Prier l’évangile du 3ème dimanche de l’Avent B

Jean 1,6-8.19-28

  • Introduction

Pour retrouver les racines de notre joie, les textes de ce dimanche nous conduisent auprès de personnes vivant des situations… pas tellement roses. Isaïe s’adresse aux exilés de Babylone pour qui le retour à Jérusalem est très dur, tellement différent des espoirs nourris en captivité. Paul, interdit de séjour à Thessalonique, ne peut plus rejoindre la communauté qu’il chérissait et qui était gagnée par une certaine lassitude et tentée par quelques fléchissements. Et pourtant, l’un et l’autre osent parler de joie. Isaïe met des paroles fortes dans la bouche de Jérusalem qui « exulte de joie » (Is 61,10a) ; elle professe que le Seigneur a agi (v.10b) et agira encore. Elle affirme qu’il « fera germer la justice et la louange devant toutes les nations » (v.11).

Quant à Paul, la joie rime avec prière, action de grâce, accueil de l’Esprit et une vie sans reproche (1Th 5,16-24). Il s’appuie sur la certitude que « celui qui appelle est fidèle et fera ce qu’il dit » (v.24) et que c’est lui qui agit et « sanctifie » (v.23). Entre les deux lectures, le Magnificat trouve tout naturellement sa place, leur faisant écho.

Si Jean-Baptiste ne prononce pas le mot « joie », n’est-il pas celui qui nous conduit au plus près de sa source, la « Lumière qui brille dans les ténèbres » (Jn 1,5) ? N’est-il pas celui qui nous invite à reconnaître vraiment et à accueillir « celui qui est au milieu de nous » (Jn 1,26) ?

Laissons-nous guider par ces maîtres de la joie, envers et contre tout.

  • Comprendre la Parole (Jn 1,6-8.19-28) – Quelques repères

Jean-Baptiste est traditionnellement notre compagnon de l’Avent. Dimanche dernier, nous l’avons rejoint dans l’évangile de Marc, certes pas très bavard à son sujet. Nous le retrouvons donc aujourd’hui dans l’évangile de Jean, en son premier chapitre. Marc nous fournissait quelques détails sur sa vie dans le désert. Jean nous dit simplement qu’il est « envoyé par Dieu » (v.6), nous le présente par son nom : « Jean » qui signifie « Dieu fait grâce ». On sait aussi qu’il n’est pas « la Lumière qui éclaire tout homme » (v.4).

Jean-Baptiste « est venu comme témoin, pour rendre témoignage » (v.7). Ce mot est à prendre dans un sens juridique : il s’agit d’attester l’authenticité, la véracité d’un fait, la venue du Messie, « afin que tous croient en lui ». Cet aspect « tribunal » est aussi présent dans les questions qui lui sont posées sur un mode d’interrogatoire par les prêtres et les lévites envoyés par des pharisiens. Au vu des questions posées, ils attendaient la venue de quelqu’un mais les avis sont partagés.

Ainsi font-ils mention de différents noms.

  • Il est à noter qu’ils ne se risquent pas à prononcer le nom de « Christ » (celui qui a reçu l’onction, tel le roi). C’est Jean qui affirme haut et clair qu’il ne l’est pas.
  • « Elie » est le prophète qui, enlevé au ciel sur un char en feu, devait revenir dans les derniers temps avant le jour du Seigneur (Ml 3, 23- 24).
  • « Le Prophète annoncé » est celui dont Moïse parle au sujet de la fin des temps (Dt 18, 17-18).
  • « Je suis la voix qui crie dans le désert… » nous renvoie donc à la prophétie d’Isaïe – entendue le 2ème dimanche de l’Avent – qui annonçait avec force « Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance » (Is 40,10).

L’humilité de Jean est telle qu’il ne se sent même pas digne de délier la courroie de la sandale de Jésus. Ce geste était celui d’un esclave, s’agenouillant devant l’invité pour lui ôter ses sandales, peut-être bien salies par une longue route.

La rencontre se vit à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain. Cette précision peut nous aider à distinguer ce lieu de la ville de Béthanie, située à « quinze stades » de Jérusalem (Jn 11,18) où vivaient Lazare, Marie et Marthe et où Jésus prit un repas quelques jours avant sa passion (Jn 12,1).

« Pourquoi donc baptises-tu ? » demandent finalement les interlocuteurs de Jean, complètement désarçonnés par ce « témoin » qui ne correspond à aucune de leurs catégories.

Et celui-ci n’a qu’un seul recours : orienter vers « celui qui est au milieu de nous ».

Aujourd’hui, à la suite de Jean, qu’est-ce donc pour nous que « témoigner de la Lumière », qu’est-ce qu’« être une voix qui crie dans le désert » ?

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
(Jn 1,6-8.19-28)

06 Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.

07 Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.

08 Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

19 Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : Qui es-tu ?

20 Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : Je ne suis pas le Christ.

21 Ils lui demandèrent : Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? Il répondit : Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? Il répondit : Non.

22 Alors ils lui dirent : Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ?

23 Il répondit : Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe.

24 Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens.

25 Ils lui posèrent encore cette question : Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ?

26 Jean leur répondit : Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ;

27 c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale.

28 Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.

Écouter la Parole de Dieu et la prier

En vivant un temps de Lectio divina
(d’après la grille proposée par « PRIER LA PAROLE … pour en vivre »)

1er temps

Invoquer l’Esprit Saint au cours d’un bref moment de silence, puis par ces mots (par exemple), et/ou en écoutant ce chant grégorien du temps de l’Avent, Rorate caeli :

Esprit qui souffla dans le cœur d’Isaïe,
de nous préparer à la venue du Seigneur,
remplis-nous de ta consolation.

Esprit qui emplit Jean-Baptiste
par le don de prophétie,
remplis-nous de ta force.

Esprit qui habite en nous,
depuis notre baptême,
remplis-nous de l’intelligence des Écritures.

  • Ou encore avec des mots personnels…

2ème temps – Lectio

  • Lire le texte en silence : je repère les mots, les personnages, les mouvements, le lieu… Je me représente la scène… Je relève ce qui me paraît important dans le texte.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

3ème temps – Meditatio

  • Relire lentement le texte : je regarde Jésus. Il me parle à travers cette Parole. Qu’est-ce que le texte me révèle-t-il de lui ? Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé(e) ? Touché(e) ? Interpelé(e) ?

Convaincu(e) que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en ayant une lecture christocentrique et en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

4ème temps – Oratio/Contemplatio

  • Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte biblique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession… Avec tout ce que je suis et vis ce jour.

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Le laisser s’ajuster à la disposition intérieure du Christ.

5ème temps – Actio

Il y a bien un 5ème temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie.

Lecture infiniment personnelle, la Lectio divina est aussi une lecture en Église. Il est bon de terminer en priant le Notre Père qui nous replace au cœur de l’Église.

Une proposition du Service de la Vie spirituelle

 

 

Illustration : Pexels

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