« Au souffle de l’Esprit »

Pour la fête de Pentecôte, nous vous proposons une méditation à partir d’une œuvre contemporaine et locale. Il s’agit d’un bas-relief, fruit de la créativité et de la foi profonde de Myriam le PAIGE, céramiste originaire du Brabant wallon.

L’approche se fera, si pas en différentes langues, au moins à plusieurs voix, en commençant par celle de l’artiste.

Télécharger la méditation au format pdf :

 

« Si on regarde de bas en haut…

Il y a d’abord deux masses, solides, pareilles à des ruches. On n’en voit que la coque extérieure mais on sait qu’une vie intense s’organise à l’intérieur.

Au sommet de ces coques, on perçoit une ouverture avec des petits cocons : ils naissent et se rangent pour grandir et arriver à maturité.

Sur le panneau central, des formes évoquent des nids et leurs ouvertures, endroits encore intimes où la vie se forge.

De ce lieu jaillit le Souffle de vie.

Et, au-dessus, l’envol de l’oiseau. L’Esprit qui accompagne et donne sa force.

Les ruches, ce sont les hommes. Les cocons, les nids, c’est ce que nous sommes, notre unicité, notre éducation, notre recherche intérieure et nos rencontres. Au-dessus de nous plane l’Esprit de Dieu. Il nous accompagne, nous guide et nous donne ce souffle qui nous permettra de vivre en suivant notre vocation.

Si on regarde de haut en bas…

La force de l’Esprit permet de semer, germer. Elle se transmet pour construire et donner.

Ce souffle donne vie et permet de rayonner…

Mais, c’est une ‘pièce à rêver’. À chacun de la lire avec son cœur. »

Un autre cœur, une autre lecture

Je contemple.

D’emblée, mon regard est attiré par la couleur du bas-relief. C’est un mélange de glaise et de lumière, la terre et le ciel. J’y vois la poussière avec laquelle Dieu « a modelé l’homme avant de lui insuffler dans les narines le Souffle de vie » (Gn 2,7). Nous voici « au commencement », au cœur de l’acte créateur.

Les différentes parties de la céramique sont reliées entre elles, discrètement. Tout se tient. Mais je remarque que la distance entre les quatre parties va grandissant et j’y vois comme la croissance d’un esprit de liberté .

Les deux contenants de la base sont robustes. Tels des ruches, ils cachent et protègent une vie intérieure qui « grouille », mais pas n’importe comment. Elle est ordonnée à la patiente élaboration d d’une nourriture « au goût de miel », comme la Parole de Dieu (Ps 18b,11).

Ainsi en est-il de notre vie intérieure où s’entrelace tout ce qui constitue notre personnalité et qui peu à peu est ordonné en vue de notre sanctification ou, si l’on veut, de l’accomplissement en Dieu de notre vocation particulière. Celle-ci prend racine et croît dans le secret de notre cœur attentif aux motions de l’Esprit.

Ainsi en est-il de la vie interne de l’Église : riche et intense, elle est ordonnée à une « sortie ».

Un à un les cocons viennent au jour en trouvant leur juste place.

Dévoilés par la lumière de l’Esprit, des charismes émergent, des potentialités personnelles se précisent et nous trouvons peu à peu notre place dans la société et dans l’Église. Nous pressentons comment apporter notre pierre à leur édification.

Les cocons sont devenus des nids. Il en est du Royaume des Cieux comme d’une très petite graine. Elle germe, devient un arbre qui abrite les oiseaux du ciel (Mt 13,31-32). Animé par l’Esprit, chaque petit cocon a grandi, s’est affermi et il attire ; il protège et console. Il devient peu à peu un havre de paix.

Ils sont maintenant de formes et grandeurs diverses car « les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit » (1Cor 12,4).

Les contours des nids sont semblables à des spirales, comme prêts soudain à se dérouler…

Et, s’il y en avait eu un seul parmi tous, à la fois pareil et autre, qui avait accompli ce déploiement, à tout jamais, nous entraînant sur une route ouverte aux quatre vents ?

Tout en haut, est-ce une colombe ou une croix ? Mais peut-on dissocier l’une de l’autre ? « Père, entre tes mains je remets mon esprit » dit Jésus sur la croix (Luc 23,46). L’Esprit qui, au moment de son baptême, est descendu sur lui comme une colombe.

Du haut de la croix – ou de l’aile de la colombe ? – coule comme un torrent. N’est-ce pas ce qu’écrit saint Jean ? « Comme dit l’Écriture : ‘de son cœur couleront des fleuves d’eau vive’. En disant cela, il (Jésus) parlait de l’Esprit Saint qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en lui. » (Jn 7,38-39).

Cette eau s’infiltre peu à peu dans les nids, les cocons, l’intérieur des ruches. « Que ton Esprit Saint, Dieu créateur, nous transforme par ses dons : qu’il change notre cœur en un cœur que tu aimes, parfaitement accordé à ta volonté » (prière oraison d’ouverture messe du jeudi avant la Pentecôte). Mais surtout, avec force, l’eau semble nous propulser, nous faire aller de l’avant.

La céramique se décline dans différentes nuances d’une même couleur. Vie intérieure et témoignage, mus par l’Esprit, sont peu à peu unifiés en profondeur et rayonnent une douce lumière.

Enfin, dans la colombe – ou la croix ? – je vois aussi comme une forme humaine qui lève les mains vers le ciel et j’entends : « Abba ! Père ! » car « vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions ‘Abba !’, c’est-à-dire : Père ! » (Rm 8,15). À moins que ce ne soit ce cri venu du plus profond de nos cœurs : « Viens, Seigneur Jésus ! Maranatha ! » (Ap 22,20)

Votre cœur, votre lecture…

Prions…

« Alors, après cela, je répandrai mon Esprit sur tout être de chair… » (Jl 3,1)

« Sans l’Esprit Saint, Dieu est loin, le Christ reste dans le passé, l’Évangile est une lettre morte, l’Église une simple organisation, l’autorité une domination, la mission une propagande, le culte une évocation, et l’agir chrétien une morale d’esclave. Mais en Lui : le cosmos est soulevé et gémit dans l’enfantement du Royaume, le Christ ressuscité est là, l’Évangile est puissance de vie, l’Église signifie la communion trinitaire, l’autorité est un service libérateur, la mission est une Pentecôte, la liturgie est mémorial et anticipation, l’agir humain est déifié. Ainsi soit-il. » (Ignace IV Hazim d’Antioche,1920-2012)

« Que passe Ton souffle comme la brise printanière qui fait fleurir la vie et éclore l’amour, ou comme l’ouragan qui déchaîne une force inconnue et qui soulève les énergies dormantes. Que passe Ton souffle dans notre regard pour le porter vers des horizons plus lointains et plus étendus, et dans notre cœur pour le faire brûler d’une ardeur avide de rayonner. Que passe Ton souffle sur nos visages attristés pour y faire repaître le sourire, et sur nos mains lasses pour les ranimer et les remettre joyeusement à l’œuvre. Que passe Ton souffle dès l’aurore pour emporter toute notre journée dans un élan généreux, et qu’Il passe à l’approche de la nuit pour nous garder dans Ta lumière et Ta ferveur. Que passe Ton souffle dans notre esprit pour y faire abonder les pensées fécondes qui épanouissent, qu’Il passe et demeure dans toute notre vie pour la dilater et lui donner Tes dimensions divines ! Ainsi soit-il. » (Père Jean Galot sj 1919-2008)

Service « Vie spirituelle »
Vicariat du Brabant wallon


Accéder à une proposition de « Prier la Parole… pour en vivre » pour cet évangile.


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